Energies renouvelables - Diagnostiquer d'abord, agir ensuite

PH BERTRAND et Y. DREVILLON

A la fois consommateur et producteur, l'agriculteur est particulièrement concerné par l'émergence des énergies renouvelables. Analyse de Philippe Bertrand et d'Yvanne Drévillon.

Photovoltaïque, méthanisation, cultures ligno-cellulosiques… Dans un contexte environnemental sous pression avec la flambée des prix de l'énergie, notre vocabulaire s'enrichit soudain d'un nouveau jargon. L'agriculteur est au coeur de cette problématique en tant que consommateur mais également en qualité de producteur d'énergie. La première chose à faire avant de partir bille en tête sur telle ou telle énergie, est de faire le point ! L'énergie la moins coûteuse est bien celle que l'on ne consomme pas… Un diagnostic énergétique permettra d'analyser les consommations de l'exploitation et les marges d'économies possibles.

Efficacité énergétique

Energies directes (le carburant des tracteurs, l'électricité dans les bâtiments, le gaz pour le chauffage…) ou indirectes (liées à la fabrication et au transport d'intrants, telles que l'énergie pour les engrais, les bâtiments, les matériels…), le diagnostic est là pour calculer l'efficacité énergétique de l'exploitation. Les objectifs sont de quantifier les entrées et les sorties d'énergie non renouvelable, de connaître la répartition des postes et d'évaluer les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation d'intrants et aux pratiques agricoles. Ensuite, l'exploitant pourra se tourner vers des solutions pour engendrer des économies ou la mise en place d'énergies renouvelables. Plusieurs options s'ouvrent alors à l'exploitant. A commencer par la biomasse qui peut permettre de chauffer une habitation, par exemple. L'idée est d'utiliser le bois issu des travaux d'entretien des haies et de coupes. Généralement, ces branchages sont sous-exploités, alors qu'ils sont facilement transformables en plaquettes. Ces plaquettes peuvent être utilisées directement dans une chaudière à alimentation automatique. Avec 25 à 40 m3 de plaquettes sèches, il est possible de chauffer une maison.

Miscanthus

Si l'on garde les pieds sur terre, les cultures ligno-cellulosiques sont également intéressantes en matière de création d'énergie. Plante vivace (5 à 18 ans), le miscanthus en fait partie. Sa culture est très productive (rendement de 12 t/ha), peu exigeante en intrants et respectueuse de l'environnement. Le miscanthus peut être utilisé pour le chauffage. Attention cependant, sa culture peut entraîner des problèmes de trésorerie car il n'est récolté qu'à partir de la seconde année et atteint son potentiel maximum au bout de cinq ans.
Celui qui veut gagner en autonomie énergétique étudiera aussi la piste des HVP (Huiles végétales pures). Il s'agit d'huiles non modifiées de colza ou de tournesol, obtenues par simple pression à froid, décantation et filtration. Après modification du moteur, elles peuvent servir de carburant pour un tracteur.

Investissements lourds

Le photovoltaïque transforme l'énergie solaire en électricité. Le principe est simple : installer des panneaux sur un bâtiment qui s'y prête bien et revendre ensuite le courant à EDF au prix de 0,57 € /kw. Attention cependant car le retour sur investissement ne se fait qu'entre 10 et 15 ans. Concernant la méthanisation, là aussi l'investissement est lourd et à raisonner. Rappelons qu'il s'agit d'un procédé biologique qui permet de valoriser des matières organiques en produisant une énergie renouvelable et un engrais. Le procédé reste peu développé en France dans le secteur agricole.
Enfin, pour le producteur laitier, plusieurs aménagements sont possibles dans la laiterie, comme l'installation d'un chauffe-eau solaire pour la production d'eau chaude destinée au lavage ou à la préparation des rations pour les veaux. Autre outil : le pré-refroidisseur, basé sur le principe d'échange entre de l'eau et le lait sortant de la mamelle. Il permet de ramener la température du lait entre 13 et 20°C avant d'arriver au tank. Le producteur peut aussi choisir de récupérer la chaleur du tank issue du condensateur pour réchauffer l'eau des abreuvoirs et du circuit de lavage…

Pistes pour des gains énergétiques

Exemple en porcs
• Améliorer l'isolation des bâtiments chauffés ;
• Bien positionner les appareils de chauffage et les sondes ;
• Nettoyer les équipements de chauffage ;
• Remplacer les tubes fluorescents par des ballasts éco-énergétiques ;
• Privilégier des ventilateurs économes ;
• Mettre en place des nids à porcelets couverts ;
• Implanter une haie ou un talus face aux vents dominants pour réduire les déperditions de chaleur ;
• Analyser son abonnement EDF et les options.

Source COGEDIS

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