Gestion : Marché à terme : jouer la sécurité

COGEDIS

Le marché à terme est une solution pour éviter la volatilité des cours en céréales ou en porcs et sécuriser une partie du revenu. Explications.

Comment se prémunir de la volatilité des cours des matières premières ? Comment obtenir le meilleur prix pour l'achat de ses intrants ? Grâce au marché à terme. Cette solution permet de fixer un prix pour une transaction future sans devenir pour autant un marché purement spéculatif. Le principe : une transaction entre un acheteur et un vendeur à une date établie portant sur un lot standardisé et un prix fixé. L'agriculteur s'engage à vendre à une date fixée sa récolte en terre ou celle qui sera semée en 2011 à un prix fixé à un acheteur, en général un industriel. Le producteur connaîtra donc à l'avance le prix de vente des différentes productions. Il choisira son assolement en fonction de son potentiel de production et des perspectives de marché. Il aura la maîtrise d'une partie des débouchés à un prix garanti. De la même manière, l'agriculteur pourra acheter l'aliment à un coût connu et garanti.

Porc et céréales

Les engagements portent sur des lots qui répondent à des standards tant en quantité qu'en qualité. Il est possible de prévoir des indemnités en cas de manquement. En raison des risques inhérents à la production (rendement inférieur aux prévisions, accidents climatiques...), il est recommandé de n'engager qu'une partie de sa production sur le marché à terme. Il existe aujourd'hui deux marchés à terme qui intéressent les agriculteurs : le Matif* ou Euronext qui concerne les céréales et un autre sur le porc. Des discussions sont en cours afin d'aboutir à la création d'un marché à terme du lait. Mais elles se heurtent à la difficulté de standardiser des lots. Les céréales se vendent par lot de 50 t et la viande porcine par lot de 8 t de poids de carcasse…
* En France, le Matif (Marché à terme international de France) aujourd'hui nommé Euronext est né en 1994, avec la mise en place du contrat colza, du blé en 1997 et du maïs en 1999.

Prix d'équilibre

Comment ça marche ? Chaque jour des cotations ont lieu par rapport à des échéances de livraison différentes. Ces derniers temps, l'échéance de novembre 2010 était autour de 147 € la tonne de blé. Autrement dit un acheteur est prêt à payer le blé à un agriculteur au prix à 147 € la tonne en novembre 2010. Comment savoir si cette offre est intéressante ? L'agriculteur doit partir de son prix d'équilibre de la tonne de blé. Il faudra y ajouter les coûts de fret car la plupart des contrats blé du Matif sont établis avec une livraison au port de Rouen. Avec la marge restante, le producteur peut savoir si oui ou non il engage une partie de sa récolte par un contrat à terme. Une variante existe aussi sur le Matif avec l'utilisation des PUTT et des CALL qui vont permettre de garantir un prix mais aussi de pouvoir bénéficier des fluctuations du marché. (cf. ci-dessous).

Opérateur agréé

L'agriculteur qui a vendu une partie de sa récolte sur le marché à terme livre rarement sa marchandise au port de Rouen. Bien souvent, il rachètera son contrat sur le marché à terme avant la date d'échéance et sa récolte physique sera livrée chez son négociant ou dans sa coopérative. Pour utiliser le marché à terme le passage par un opérateur agréé (banque ou négoce) est obligatoire, ainsi que le fait d'avoir suivi une formation. Il est aussi recommandé de bien se faire entourer pour prendre les bonnes décisions. Il est essentiel de maîtriser pleinement les tenants et les aboutissants de ce marché qui doit permettre de garantir une partie du revenu de l'agriculteur en fonction de ses propres coûts de production.

PUTT et CALL

Un PUTT est une option de vente : l'acheteur a le droit et non l'obligation de pouvoir vendre un produit à un prix connu et à une date fixée.
Un CALL est une option d'achat : l'acheteur a le droit et non l'obligation de pouvoir acheter un produit à un prix connu et à une date fixée.
PUTT et CALL ont un coût qui est déterminé par le marché de manière journalière selon la date d'échéance et le prix de vente.

 

Source COGEDIS

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