Lait : Impact économique de la reproduction : le point névralgique

JC SEITE, Cogedis

Agir sur la reproduction engendre une économie de charges et une augmentation des produits. C'est un levier essentiel pour améliorer l'efficacité technico-économique de l'élevage laitier.

Trop souvent obnubilé par la performance laitière, on a parfois tendance à oublier les fondamentaux : il faut un veau pour faire du lait… Derrière cette banalité se cache un enjeu de taille pour l'éleveur car améliorer les performances de reproduction de l'élevage revient à améliorer son résultat économique. Dans un contexte de dégradation des performances de reproduction encore plus accrue en Prim'holstein, il devient intéressant de se pencher sur les leviers d'optimisation à disposition de l'éleveur. Pour illustrer ce propos, Cogedis a imaginé trois troupeaux : le troupeau idéal, le troupeau moyen et le troupeau faible. Le troupeau idéal réalise la performance parfaite. Elle n'est pas atteignable dans la réalité mais permet de mesurer l'impact économique au regard du troupeau moyen qui constitue l'étalon et du troupeau faible qui obtient des performances de reproduction médiocres (voir tableau 1)…

Diminuer le temps de présence

Les écarts de performances de reproduction entre le troupeau idéal et le troupeau faible sont de 86 j de présence à chaque lactation (vêlage – vêlage) et 77 j pour l'IA fécondante (tx réussite IA, détection chaleurs…). L'impact de la dégradation de la fécondité dans le troupeau faible se traduit par une durée de présence plus importante de l'animal, pendant lequel il produit peu (production journalière faible dans les derniers jours avant le tarissement) mais surtout il consomme des fourrages, des concentrés et occupe de la place dans le bâtiment… En réduisant l'intervalle entre chaque vêlage, l'éleveur diminue ce temps de présence moyen des vaches. L'impact économique porte sur les postes de charges opérationnelles, l'alimentation, les frais d'élevage… Le temps d'improductivité de la vache faible correspond à 8,68 euros / 1000 litres au regard du troupeau moyen. La vache idéale économise en revanche 11 € / 1000 litres soit un différentiel de 19,68 €. Du coup, avec des lactations plus courtes et un pic de production équivalent, la vache optimale a une production annuelle plus élevée. On constate un écart de 1,68 l/j de production entre les deux extrêmes (voir tableau 2). Conséquence de l'augmentation de la production moyenne journalière par vache : il faut moins d'animaux pour atteindre les 300 000 l. Il y a donc une baisse des charges d'alimentation, d'élevage, de bâtiment et de mécanisation. Par ailleurs, une meilleure gestion de la reproduction permet d'accroître les revenus des ventes de veaux de 10 % par an et par vache. L'écart entre le troupeau idéal et le troupeau faible est de 1.27 €/1000 l. Quant au coût de production, on atteint une différence de 42,36 euros entre les deux extrêmes, soit 15 % du coût de production moyen (voir tableau 3).

Taux de réforme à 25 %

Dès lors, plusieurs leviers d'action sont à la disposition de l'éleveur pour engager une dynamique positive. Le vêlage précoce à 24 mois (moyenne à 30 mois) est un objectif prioritaire à atteindre par une alimentation de qualité surtout les quatre premiers mois. Le surcoût d'une génisse qui vêle à 30 mois au lieu de 24 est de 235 euros… Le taux de réforme à 25 % est le deuxième élément qui permettra à l'éleveur de voir son coût de renouvellement diminuer. Une vente des génisses en surplus est préférable à la réforme de bonnes vaches. L'alimentation est également un facteur déterminant car l'état corporel des vaches après le vêlage a une influence directe sur le taux de réussite des IA. Le coût de l'échec d'une IA est d'environ 39 €/VL. L'éleveur doit être particulièrement vigilant lors de la période critique qui se situe entre le vêlage et le pic de lactation qui voit une augmentation des besoins de la vache. Enfin, l'échographie, déjà largement utilisée en production porcine, est un levier qui permet de diminuer l'intervalle vêlage-vêlage.

 

Source COGEDIS

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