Lait - Produire des veaux croisés - Croiser pour gagner plus

COGEDIS FIDEOR

Produire des veaux croisés en plus du lait peut être un bon complément de revenu si cet atelier est bien géré.

Atelier complémentaire au lait, la production de veaux croisés peut être mise en place très rapidement. Avant toute chose, c'est la facilité de vêlage et la valeur du veau à la vente qui guideront l'éleveur dans ses choix. Les croisements avec des taureaux à muscularité précoce correspondent bien à ces objectifs. Les veaux obtenus, s'ils sont petits à la naissance (entre 40 à 45 kg de moyenne), ont un potentiel élevé. Après une période de trois semaines au lait entier, leur conformation est déjà bien présente. L'éleveur peut alors les vendre ou les garder pour développer un atelier d'engraissement. Il obtient des animaux à bon potentiel sans avoir à acheter des veaux à l'extérieur. Les animaux croisés sont plus lourds (50 à 100 kg de plus pour des taurillons, et 10 à 60 kg de plus pour des génisses) et souvent mieux conformés.

Taux de croisement

Avant de se lancer, il convient de déterminer le taux de croisement à réaliser sur le troupeau. Au-delà de 25 - 30 %, l'autorenouvellement intégral du troupeau risque de ne pas être assuré. Conséquence : il faudra avoir recours à des achats à l'extérieur, avec un coût à la clé, un risque de baisse de performance sans négliger le risque sanitaire… Ensuite, l'éleveur devra choisir les vaches mises « au croisement ». En général, ce sont des animaux dont la génétique, ou bien encore les performances laitières ne correspondent plus aux objectifs fixés par l'éleveur. Les vaches qui ont des problèmes de fertilité peuvent aussi être sélectionnées car le taux de réussite à l'IA est estimé supérieur en croisement qu'en pur.

Bon compromis

Prenons l'exemple de M. Duchamp qui gère un troupeau de 60 vaches laitières et la suite avec un quota de 450 000 litres. Il garde 18 génisses par an pour le renouvellement du troupeau. Afin d'augmenter son co-produit viande, il souhaite orienter une partie de son troupeau vers le croisement industriel. A cet effet, M. Duchamp décide d'inséminer 25 % de ses femelles avec un taureau de race à viande. Comme le montre le tableau 1, opter pour 25 % de croisement industriel sur les femelles permet en règle générale d'assurer le renouvellement du troupeau. C'est un bon compromis car l'éleveur garde alors la main sur l'évolution génétique de son cheptel sans avoir recours à des achats de femelles à l'extérieur. Bien sûr, l'exemple prend en compte un taux de naissance de 50/50 entre les mâles et les femelles. Certaines années verront naître un maximum de mâles, et il faudra donc prévoir quelques achats ponctuels de génisses. Le risque est cependant minime, sachant que 18 femelles permettent un taux de renouvellement de 30 % et qu'il existe une marge de sécurité de deux génisses par année.
M. Duchamp fera une plus-value moyenne sur les veaux de 145 € (cf. tableau 2). Avec des veaux de très bonne conformation, et si les acheteurs sont fortement demandeurs, on peut espérer gagner en plus-value. La seule charge comptabilisée viendra du lait supplémentaire mobilisé pour l'engraissement, pendant trois semaines, au lait entier. Les frais de reproduction, généralement légèrement moins élevés pour une IA holstein que pour une IA d'un taureau à muscularité précoce, n'ont pas été pris en compte dans cette simulation.

 

 

Source COGEDIS FIDEOR

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