Lait : Un poste à optimiser - Mieux valoriser les vaches de réforme

COGEDIS

Il existe un intérêt économique certain à garder et engraisser les vaches de réforme. Démonstration.

Un million de vaches laitières sont abattues chaque année en France, soit un quart du cheptel. La qualité de ces animaux est clairement remise en cause par les abattoirs : certaines vaches ne sont pas taries et le lait pose des problèmes sanitaires sur les chaînes. Beaucoup de ces vaches de réforme sont aussi mal conformées. Pourtant, les éleveurs laitiers ont tout intérêt à garder et engraisser ces animaux pour améliorer leur valorisation.

Amélioration technique

Pour preuve : les études menées à la station expérimentale de Mauron dans le Morbihan. Elles ont montré les incidences techniques d'un engraissement des animaux de réforme (cf. tableau 1). Les animaux en question ont été « finis » à l'auge, avec une ration à base d'ensilage de maïs, de correcteur azoté et de minéral. Les effets de l'engraissement sont probants au plan technique. La conformation de la carcasse et la note de gras s'améliorent nettement par rapport à la grille de cotation EUROP. A titre d'exemple, sur la semaine 21 de l'année 2009, la cotation nationale constatée pour une vache classée P = 2 était de 2,15 €/kg, alors qu'elle était de 2,65 €/Kg pour une vache O = 3 ! Autre point important : l'alourdissement de la carcasse qui contribue à une meilleure valorisation de l'animal. S'appuyant sur cette expertise technique, nous avons simulé les intérêts économiques d'une telle pratique.

Gain potentiel de 0,35 €/kg

Prenons l'exemple de M. Dupré, éleveur de lait à la tête d'un troupeau de 40 vaches et d'une référence de 300 000 l. M. Dupré vend aujourd'hui une douzaine de vaches de réforme en l'état par an, au sortir de la lactation, soit un taux de réforme moyen de 30 %. Si M. Dupré se décide à « finir » ses réformes selon les hypothèses retenues, le gain potentiel attendu avant impact social et fiscal s'élève à 1254 € (cf. tableau 2). Dans ce but, il devra utiliser plus de fourrages conservés et faire une croix sur la vente de 1,2 ha de cultures. Dans cet exemple, la consommation par VL et par jour d'engraissement est de l'ordre de 12,5 kg. Le rendement maïs ensilage retenu est de 12 t de MS/ha. Concernant le prix, initialement situé à 2,15 €/kg, l'amélioration de la qualité de la carcasse génère un gain potentiel de 0,35 €/kg.

Alimentation de qualité

Engraisser les réformes suit donc une logique économique indéniable. Attention, c'est aussi un pari pour l'éleveur. En décalant de 3 mois la sortie de ses vaches de réforme, on peut, subir des baisses de cours ou profiter des hausses. Ceux qui réforment surtout en fin de campagne laitière peuvent aussi espérer tirer profit de la remontée saisonnière des cours attendue au printemps. Avant de se lancer, il convient aussi de veiller à respecter certaines règles. La première d'entre elles : choisir une alimentation de qualité. Il faut aussi disposer de places supplémentaires afin d'éviter les densités trop importantes. Faire un tri rationnel des animaux s'imposera également. Inutile d'engraisser des vaches réformées pour des problèmes sanitaires graves, des vaches trop âgées ou trop maigres. Il faut aussi savoir vendre lorsque la vache est prête. Une phase de finition trop longue pourrait conduire à un excès de gras, préjudiciable à la vente.

 

Source COGEDIS

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