Le vêlage précoce génère de la marge

COGEDIS FIDEOR

En production laitière, l'efficacité économique de la pratique du vêlage précoce est indéniable, pourtant elle n'est pas très répandue.

30 mois, c'est l'âge moyen au vêlage constaté. Pourtant, descendre en dessous de 26 mois est un objectif technique préconisé depuis de nombreuses années. Cette pratique est très efficace économiquement et n'altère en rien la carrière des futures laitières. Les études menées par Cogedis Fideor chez des producteurs spécialisés mettent en exergue un critère essentiel : le lait produit par jour de vie de l'animal. Si, pour les vêlages précoces de 24 à 26 mois, ce critère est de 14 litres produits, il descend progressivement vers 10 litres lorsque l'on dépasse les 30 mois. Conséquence : une productivité et une rentabilité moindres. Il existe une forte corrélation entre le lait produit par jour de vie et l'Excédent brut d'exploitation. On constate un écart d'EBE de 15 à 25 €/1000 litres entre les extrêmes.

30 € par mois et par génisse

Le prix de revient d'une génisse de 30 mois prête à vêler est de 1340 euros. Il se compose d'environ 900 euros de charges proportionnelles (alimentation, frais vétérinaires…) et de 440 euros de charges de structure (bâtiments, foncier…). Compte tenu de ce coût, il est inutile d'élever des animaux pendant plus de deux ans dans le but de réaliser une plus-value hypothétique, sauf potentiel génétique supérieur avéré… Cet excès de sécurité peut coûter cher. Il faut adapter la structure de son troupeau, et donc le nombre de génisses à élever, en fonction de ce qu'il y a à produire. Outre le nombre de génisses, leur durée d'élevage est aussi un élément essentiel pour l'amélioration des résultats économiques. Un mois d'âge au vêlage gagné génère une économie d'environ 30 euros par animal ! En outre, il est aussi intéressant d'évaluer les impacts sur la structure du troupeau, sur le temps de travail et sur l'environnement.

Plus de places et de surfaces

Prenons l'exemple de Mme Dupré qui est à la tête de 50 vaches laitières avec un quota de 425 000 litres de lait. Son taux de renouvellement est de 35 % avec un âge au vêlage à 31 mois. Ce taux comprend une marge de sécurité éventuelle que l'éleveur souhaite conserver.
Le choix du vêlage précoce permet de limiter le nombre d'animaux présents sur l'exploitation, à référence laitière égale (cf. tableau 1). Cela permet donc de libérer des places en bâtiment et de diminuer le temps de travail. En outre, cela entraîne une réduction des rejets azotés. Si l'on considère qu'1 UGB lait consomme entre 5 et 6 tonnes de matière sèche fourrages par an, et que Mme Dupré, par l'amélioration de ses pratiques, évolue progressivement vers son objectif de 25 mois d'âge au vêlage, on peut envisager l'économie de plus de 30 tonnes de MS fourrages par an. Cela équivaut donc à environ 3 hectares de surface libérés pour d'autres orientations ou des cultures de vente. Cela peut aussi servir à nourrir des animaux supplémentaires en cas d'augmentation de la référence laitière.
En améliorant progressivement l'âge au vêlage de ses génisses, tout en maîtrisant la structure de son troupeau, Mme Dupré peut donc réaliser des économies substantielles. Pour ce faire, elle devra suivre au plus près les femelles dès la naissance. Il lui faudra réaliser un bon démarrage de l'animal car la période de 0 à 6 mois est cruciale et sera déterminante pour sa conformation et sa précocité. Une gestion rigoureuse de l'allaitement, puis un plan d'alimentation adapté à chaque phase sont des éléments incontournables. Des mesures de poids ou tout autre outil permettant de bien jauger l'évolution des génisses devront également être mis en oeuvre.

 

Source COGEDIS FIDEOR

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires