Produire plus de lait l’été : oui mais

COGEDIS FIDEOR

Décaler son pic de production laitière en été peut être intéressant économiquement. Mais le transfert des vêlages d’automne aux vêlages de printemps provoque des bouleversements à analyser.

Produire plus de lait l’été est intéressant économiquement. Sur la grille Bretagne-Pays de la Loire, l’écart de saisonnalité est de 60 € entre mai et juillet 2012, en faveur de ce dernier… S’il est tentant, le décalage des vêlages au printemps n’est pas sans conséquences, que ce soit sur le plan économique ou sur celui de l’organisation du travail. Au plan économique, le différentiel de prix doit être suffisant pour rémunérer les adaptations techniques à mettre en place. Ce changement doit se faire dans la durée car si l’on décale progressivement les vêlages des primipares, le régime de croisière ne sera obtenu que dans 3 ou 4 années. Les contrats mis en place prochainement devront donner l’occasion aux éleveurs d’y penser et de s’accorder sur ce point ! Côté organisation, il va devenir très périlleux de s’absenter durant l’été. Entre les récoltes, la suite des vêlages commencés au printemps,la montée en puissance de la courbe de production, les inséminations du mois de juillet et d’août en prévision des futurs vêlages de printemps : le planning sera bien chargé. En outre, il faut aussi bénéficier d’un bâtiment fonctionnel, bien aéré en cas de forte chaleur estivale, et qui puisse conserver une certaine fraîcheur pour ne pas avoir d’impact négatif sur la performance de lactation.

Inséminer en été

Prenons l’exemple de Cédric Le Laezh qui produit 337 000 litres de lait avec 45 vaches laitières sur 64 ha de SAU dont 47 ha sont destinés à la surface fourragère principale. Cette SFP se décline en un système fourrager classique composé de 16 ha de maïs fourrages et 31 ha d’herbe. Le silo de maïs est généralement fermé 2 mois au printemps. A ce jour, les vêlages s’étalent d’août à janvier-février. En voulant décaler son pic de production,Cédric Le Laezh doit donc caler ses vêlages sur la période d’avril à septembre s’il veut profiter au maximum des bénéfices de l’indice de saisonnalité. Ce changement ne pourra se faire en une seule fois sur la totalité du troupeau. Le plus simple est de désaisonnaliser progressivement les génisses prêtes à vêler en les inséminant plutôt en été qu’en hiver. Cela peut être l’occasion de gagner quelques mois d’âge au vêlage, dont l’effet bénéfique sur le coût de renouvellement, et donc sur le coût de production, n’est plus à démontrer.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires