Menu
PleinchampTV Lettre d'info

Revenu : Lait – Intensif ou extensif ? Optimiser le système

COGEDIS

En terme de revenu, l'étude annuelle de Cogedis fait clairement apparaître la nécessité d'optimiser son système, qu'il soit intensif ou extensif. Analyse comparative signée Cogedis.

Du hors-sol total au tout à l'herbe, en théorie, tout est possible. La production laitière offre la possibilité aux éleveurs de pouvoir produire du lait de façons diamétralement opposées. Contraintes naturelles, goût de l'éleveur, surface disponible… Si la liste des paramètres qui rentrent en jeu peut s'avérer longue, l'un d'entre eux est essentiel : le revenu. En prenant en considération la seule marge brute, le système extensif apparaît comme le plus avantageux. Cependant ce constat est insuffisant car il faut aussi tenir compte des autres marges brutes (céréales, jachère) et surtout des charges de structures. Dans son étude comparée des systèmes laitiers réalisée auprès de 1200 exploitations spécialisées, Cogedis examine également l'indice de rentabilité qui prend en compte l'ensemble des paramètres financiers d'une exploitation (cf. graphique). Le degré d'intensification est estimé par le volume de lait produit par hectare de surface fourragère consommée. Force est de constater que les systèmes les plus performants se situent aux extrêmes. Quant aux exploitations qui cherchent encore leur voie, elles ne parviennent pas toujours à des résultats aussi convaincants. Cette étude est réalisée depuis 10 ans, et c'est toujours le même constat, et ce malgré des conditions économiques très différentes sur la période. Un système ne se juge pas sur le seul atelier laitier et il faut éviter de tirer des conclusions hâtives sur le seul coût alimentaire ou la seule marge brute laitière.

Effet dilution

Concernant les produits, leur montant est supérieur dans les systèmes extensifs. Si la différence est peu significative sur le produit lait, elle est au contraire importante sur la viande et les produits divers. La taille du troupeau, la différence de productivité des vaches, la part plus importante des races mixtes dans les systèmes extensifs sont autant de facteurs explicatifs. Les systèmes intensifs ont la réputation d'être très coûteux en matière d'alimentation. La réalité est pourtant tout autre car, si le coût des concentrés VL reste effectivement plus élevé dans ce type de système, ce n'est pas le cas pour les autres charges alimentaires. Le coût alimentaire « troupeau » sur un système à moins de 4000 litres de lait produits par ha de SFP est en moyenne de 101,3 €/1000 l, alors qu'il n'est que de 92,3 €/1000 l sur des systèmes à plus de 9000 l de lait produits par ha de SFP. L'effet « dilution » engendré par les vaches très productives joue là pleinement son rôle.

Charges de structure

A quota égal, les charges de structure sont d'une manière générale plus élevées pour un système extensif. La pratique de l'élevage extensif nécessite en effet un nombre de places en bâtiments supérieur, lié à une productivité moindre des animaux. D'autre part, les surfaces sont plus importantes, ce qui engendre un montant de fermages et de taxes foncières conséquent. Quant aux frais de fonctionnement, le nombre d'animaux défavorise également les élevages extensifs (eau, électricité, assurances). Mais le point le plus inquiétant concerne les charges de mécanisation qui sont beaucoup plus élevées… Des outils surdimensionnés par rapport aux réels besoins peuvent en être la cause.

Soutien à l'herbe

Le choix de la France de soutenir massivement les systèmes herbagers dans le cadre du bilan de la Pac, pourrait-il remettre en cause l'évolution de l'Indice de Rentabilité des Systèmes (IRS) en 2010 ? Les élevages laitiers les plus extensifs, devraient en bénéficier largement et pourraient voir la valeur moyenne de leurs aides progresser de façon significative. Selon nos premières estimations, pour les exploitations à moins de 4000 litres par ha de SFP, l'IRS pourrait progresser et se situer entre 120 et 125 (cf. graphique). Pour les plus intensifs (> 9 000 litres par ha de SFP), ce dernier devrait peu évoluer et rester autour de 110, grâce à la mise en place d'un nouveau dispositif de soutien aux surfaces fourragères valorisées par une production animale. Si les modalités restent à préciser, une enveloppe de 30 millions d'euros est prévue à cet effet. Il est difficile d'imaginer que cette nouvelle donne pourrait modifier les modes de fonctionnement des éleveurs laitiers. Avec des quotas par exploitation toujours plus importants (10000 litres de plus en moyenne par an), il semble délicat pour tous d'évoluer dans le sens de l'extensification. Gardons à l'esprit que pour une structure de 400 000 litres, un système avec une pression laitière de 4000 litres par ha de SFP nécessite une surface fourragère de 100 ha !

 

Source COGEDIS

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires