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Analyse des coûts : Un indicateur qui bouscule…

CER France Gérer pour Gagner, Jacques Mathé, économiste

Analyse des coûts : Un indicateur qui bouscule…

La chute des prix à la production dans les grandes filières agricoles (lait, grandes cultures, fruits et légumes, porcs…) remet au goût du jour l'indicateur majeur de tout bon entrepreneur, le coût de production. Une démarche pas si simple…

Produire durablement moins cher que son prix de vente reste l'objectif de tout projet marchand. Et c'est bien grâce à l'indicateur “coût de production” qu'un chef d'entreprise peut mesurer la capacité de son entreprise à générer des bénéfices. Pourtant, l'actualité laitière récente nous montre que, dans le secteur agricole, ce critère n'était pas généralisé dans toutes les productions. Les producteurs qui sont confrontés depuis des années aux aléas du marché (en porcs, légumes, fruits…) en font un repère clé. Dans d'autres productions, ce repère est moins usité, la performance économique étant plutôt révélée par des indicateurs technico-économiques, voire essentiellement techniques (rendement en tonne par hectare, litrage par vache, marge brute à l'hectare…). Les producteurs laitiers, céréaliers, en bénéficiant des soutiens publics, se sont affranchis du repère “coût” pour se concentrer sur le repère “productivité”. Avec de beaux succès d'ailleurs. L'histoire leur a donné raison… Mais c'est l'histoire !

La performance se mesure en euros

En ce début 2010, les soutiens à l'agriculture ont changé de nature. Ils sont découplés de l'acte de production et la confrontation au marché vaut pour toutes les productions. La volatilité des prix ne permet plus le pilotage par la seule optimisation de la production. L'unité de mesure de la performance se chiffre moins en rendement mais plus en euros… Cette variable “rendement” illustre et valorise la compétence de l'agriculteur et de son conseiller ou technicien. “Je suis performant parce que mon rendement en blé est supérieur à la moyenne de ma région, parce que mon litrage par vache me situe dans le groupe de tête du Contrôle laitier”. Mais elle peut cacher une piètre performance économique, ou une fragilité de l'exploitation en période de prix dépréciés. La recherche de l'excellence dans les résultats techniques a parfois incité les producteurs à des investissements ou des pilotages d'atelier très coûteux. Concentrés par litre de lait, surconsommation d'intrants, mécanisation sophistiquée, les entorses à la rationalité économique ont été nombreuses… Ajoutons aussi que l'environnement technique des agriculteurs privilégiait aussi la performance rendement plutôt que la performance économique. Alors, tous coupables ? Non pas vraiment, mais plutôt déconnectés de la réalité des marchés par des politiques publiques anesthésiantes. Le coût de production révèle parfois des dépenses pas toujours judicieuses.

Des marges de manoeuvre étroites

Tous les acteurs s'accordent aujourd'hui pour faire des coûts de production un indicateur clé. Pourtant, cet indicateur va mettre au grand jour l'impasse dans laquelle se trouvent certains agriculteurs. Entre surinvestissement et prix de marché complètement déconnectés de la réalité de l'exploitation, les marges de manoeuvre pour agir sont étroites. Elles posent aussi la question du métier, de la compétence technique. Mais pour réussir ce challenge, les agriculteurs devront trouver les experts de haut niveau capables de sécuriser les itinéraires culturaux ou les performances des troupeaux. C'est aussi revenir sur les basiques du métier, et le bon sens paysan. Un métier qui réussit la synthèse entre le sol, la plante, l'animal, le climat, la maîtrise du vivant… et les compétences d'un chef d'entreprise.

 

Source CER France, Gérer pour gagner

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