Gestion de l'exploitation : Vers des exploitations flexibles

Jean-Marie Séronie

Selon Jean-Marie Séronie, directeur du CER FRANCE Manche : “L'agriculture française a un très bel avenir devant elle, mais l'exploitation traditionnelle et sans doute révolue. L'heure est à la flexibilité”. Explications.

Quelles sont les stratégies possibles dans la période de mutation que connaît l'agriculture aujourd'hui ?

“Les stratégies d'exploitation restent inchangées. La première est basée sur la couple volume/prix ; la seconde sur la différenciation. Le choix de l'une ou l'autre par le chef d'entreprise agricole est conditionné par l'accès au marché”.

Qu'et-ce qui change alors ?

“La gestion de l'entreprise agricole se complexifie. Dans un contexte de volatilité et de pression accrues, les agriculteurs sont confrontés à trois défis : augmenter le pouvoir de résistance de leur exploitation face aux crises, pouvoir tirer parti des opportunités de marché et travailler, encore et toujours, l'ensemble des facteurs de compétitivité”.

Comment y arriver ?

“L'exploitation de demain gagnera en flexibilité. Elle fonctionnera sur la base d'alliances diverses et variées : mise en commun de moyens de production entre exploitants, voisins ou non, au travers par exemple d'une société civile laitière ou d'un groupement foncier ; associations techniques ; alliances financières ; partenariats commerciaux... L'exploitation flexible se bâtira autour de trois projets : technique, patrimonial et entrepreneurial. Mais, ils ne seront pas forcément portés par les mêmes personnes, en même temps.”

Dans votre vision, qu'advient-til de l'exploitation tradtionnelle ?

“L'exploitation traditionnelle, telle que nous la connaissons depuis les années 60, est révolue. Le triptyque : un foncier, un outil de production et une force de travail familiale, qui jusque là pouvaient se suffire à eux-mêmes, ne tient plus. L'avenir de l'agriculture passe par la flexibilité et le développement d'alliances.”

Qu'est-ce qui vous paraît le plus important pour réussir ce challenge ?

“Les pouvoirs publics doivent d'urgence moderniser le cadre juridique et fiscal de l'entreprise agricole française. Mais l'essentiel reste la compétence de l'agriculteur. Sa technicité devra aller croissant pour répondre conjointement aux exigences environnementales et de compétitivité. Il devra également développer une vision stratégique claire, et savoir la faire partager à ses proches, à ses salariés, mais aussi à tous les partenaires de son projet d'exploitation.

Source CER FRANCE

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