La pluriactivité domestiquée

Conseil National CERFRANCE PILIPENKO

La pluriactivité domestiquée

À Volzac, dans le Cantal, Alain Blanquet vit la pluriactivité au galop : à côté de son centre équestre, il a créé un parc d’activités de plein air. Portrait d’un entrepreneur qui domestique la pluriactivité.

Pouvez-vous nous retracer rapidement votre parcours professionnel ?

Alain Blanquet : Les activités physiques et sportives ainsi que le secteur équestre m’ont toujours passionné. Je suis d’ailleurs titulaire d’un brevet d’éducateur sportif 1er degré que j’ai obtenu à Saumur en 1984. J’ai ensuite, durant mon service militaire, pu conforter mon expérience professionnelle en pratiquant le sport équestre en compétition, aussi bien civile que militaire. Ma carrière a débuté en Lozère où j’ai ouvert une école d’équitation de 1986 à 1992 avec une partie importante d’accueil de camps de vacances spécialisés dans l’équitation. Mais là-bas, j’étais locataire et je souhaitais devenir propriétaire de ma propre structure. J’ai eu cette opportunité dans le Cantal et donc je suis arrivé à Volzac, à côté de St Flour, où je me suis installé en janvier 1993 avec pour activité l’élevage, le commerce et la pension de chevaux. J’ai vite constaté que cela n’était pas suffisamment rémunérateur.

Est-ce à ce moment-là qu’a germé l’idée d’exercer un autre métier ?

En constante recherche d’évolution pour pouvoir vivre ma passion, mais aussi que ma passion me fasse vivre, je n’ai pas hésité à exercer plusieurs métiers, mais cela nécessite une capacité d’adaptation. Cela m’a amené, par exemple, à collaborer pendant 3 ans avec une entreprise de commerce de granulés pour chevaux, ou également à être délégué technique fédéral pour la Fédération Française d’Équitation. Cela me permettait certes de mettre “du beurre dans les épinards”, mais il y avait aussi des contraintes car je devais m’absenter une semaine par mois, sans compter mon activité bénévole de juge lors de concours de sauts d’obstacles. J’ai également mis en place en 1994 une structure d’accueil agréée de groupes en camp de toile d’une capacité de 40 places à Volzac, et ré ouvert dans le même temps une école d’équitation. Mais là il devenait difficile de tout assumer seul. J’ai donc décidé d’embaucher mon premier moniteur salarié en janvier 1995. En saison ils sont 3 et nous avons environ 200 licenciés à l’école.

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Que s’est-il passé ensuite ?

De 1995 à 2000, j’ai réduit l’activité élevage et commerce de chevaux, et j’ai mis d’avantage l’accent sur l’école d’équitation. En 1998, j’ai réalisé des travaux importants, à savoir la construction d’un manège couvert et d’écuries, l’agrandissement de la carrière et l’aménagement d’un Club-house. C’est en 2000 qu’a eu lieu le véritable virage qui a permis à l’entreprise d’être ce qu’elle est aujourd’hui. C’est en effet à ce moment-là que j’ai postulé pour reprendre le centre équestre de Ruynes-en-Margeride (à environ 20 kms de St Flour) avec une idée derrière la tête, car juste à côté se situe un magnifique bois et je voulais créer une activité supplémentaire en y montant un parc aventure. Le projet s’est concrétisé en 2003 et a été, dans un premier temps, rattaché à l’activité agricole. Mais dès 2006, en raison de son développement, le rattachement n’était plus possible et j’ai alors dû constituer une société commerciale en 2007 avec un de mes salariés, Xavier, pour gérer le parc aventure.

Le spectacle équestre que vous présentez à Ruynes-en-Margeride est-il également géré par la société commerciale ?

Non, comme je vous l’ai dit, le cheval c’est un métier mais c’est aussi une passion, et je suis également un passionné de spectacles équestres. C’est ainsi qu’en 2007 nous avons créé une association nommée Diego n’Co qui propose des spectacles de qualité avec des chevaux dressés par nos soins et présentés par des artistes de l’association et aussi des jeunes issus de l’école d’équitation. Pour ma part, je présente et j’anime bénévolement ce spectacle qui dure environ 1 h 30 et je mets gratuitement à disposition de l’association une partie des infrastructures de Ruynes. 5 000 personnes environ assistent à ce spectacle chaque année.

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Cela vous demande un travail supplémentaire ! Quel intérêt, hormis la passion du cheval, y trouvez-vous ?

Personnellement, une grande satisfaction, mais pas uniquement. Avec ce spectacle on a créé une dynamique sur le secteur : les personnes intéressées par le spectacle équestre sont autant de clients potentiels pour le parc aventure, et vice versa. Jusqu’à la création du spectacle, la fréquentation du parc (entrées payantes et accompagnateurs) était d’environ 10 000 personnes, depuis elle a atteint 15 000. Ces deux activités sont complémentaires et nous permettent de retenir nos visiteurs plus longtemps. Ils peuvent dans la même journée pratiquer l’accrobranche et assister au spectacle.

Pour finir, quels sont selon vous les principaux avantages et inconvénients liés à votre pluriactivité ?

Cela me permet d’exercer plusieurs métiers, donc c’est très intéressant car très diversifié. Le fait d’imaginer et de mener à terme de nouveaux projets est très motivant. Et puis, bien sûr, cela permet de conforter le revenu, car sur notre bassin de population (environ 15 000 personnes), notre seul coeur de métier qu’est l’école d’équitation ne nous permettrait pas de retirer un revenu décent et de rémunérer les salariés. Le revers de la médaille c’est l’excès de travail que cela engendre (les jours de repos et les congés sont rares) et un risque d’éparpillement si on n’est pas bien organisé. Mais lorsqu’on est passionné, on ne compte pas son temps. Pour preuve, je suis allée cet été à Tarbes pendant une semaine en qualité de présentateur (prestataire de services) d’un spectacle équestre dans le cadre du festival Equestria

Source Créer pour Gagner novembre 2012

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