Produits de la ferme : Quand le panier remplace le caddie

CER France Gérer pour Gagner, Jacques Mathé, économiste

Produits de la ferme : Quand le panier remplace le caddie

V'là l'printemps pour les produits de la ferme. Les consommateurs les plébiscitent. Les producteurs répondent présents. Le phénomène prend de l'ampleur et intéresse les collectivités locales, qui y voient une source de vitalité pour leur territoire.

La vente des produits de la ferme a toujours été partie intégrante de l'activité agricole, mais son intensité avait fortement diminué (surtout en France) depuis une quarantaine d'années. La politique agricole commune est passée par là, cantonnant les agriculteurs dans leur activité de production de commodités. La transformation des produits a été déléguée à l'agroalimentaire, souvent par l'intermédiaire de coopératives, les agriculteurs gardant ainsi une main sur leurs débouchés, à défaut d'en capter toute la valeur ajoutée. Dans la même période, la distribution est devenue ultra concentrée, occultant totalement l'origine du produit. Le consommateur a des problèmes pour apercevoir un agriculteur derrière chaque pot de yaourt !

Mais, depuis quelques années, ça fourmille dans les campagnes ! Les produits de la ferme sont tendances. Le phénomène est général dans tous les pays développés. Les crises alimentaires, les arguments santé, le besoin de retour aux racines pour des populations vieillissantes, le besoin de naturalité, de relations avec les producteurs, dynamisent une demande de produits issus directement de la ferme. De la fourchette à la fourche, il n'y a qu'un pas… que de plus en plus de consommateurs franchissent.

Une valeur ajoutée qui reste sur le territoire

De leur côté, les producteurs sont créatifs, plus professionnels, plus attentifs aux besoins des clients. Pas un projet ne ressemble à un autre, mais tous ont leur légitimité. Si les démarches militantes (Amap, Bio...) ont le vent en poupe, on découvre aussi des exploitations devenues de véritables PME alimentaires locales. Avec un impact direct sur la richesse produite dans les territoires. On estime que sur 1 000 € de chiffre d'affaires en vente directe, 700 à 800 € sont réinjectés sur le territoire local, contre moins de 150 € pour des productions non transformées localement (céréales, viande bovine…). On comprend aisément que les collectivités territoriales s'intéressent de près au phénomène et sont, pour certaines, très proactives dans le développement des circuits courts (Pays Basque, région Rhône Alpes, Midi-Pyrénées…). Le principal frein au déploiement viendrait du milieu agricole lui-même et souvent de l'inadaptation des politiques agricoles d'accompagnement. Parce que le système bouscule les conventions établies, qu'il ne rentre pas dans les petites cases de la réglementation Pac…Mais c'est peut-être grâce à ces freins que les circuits courts sont en train de conquérir leurs lettres de noblesse.

Source CER France, Gérer pour gagner

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