Menu
PleinchampTV Lettre d'info

Serres : l’énergie de trouver le bon mix

Jean-Jo Castel, Ingénieur études, Cerfrance Finistère

Les serristes sont exposés à la flambée du prix de l’énergie. Ils mettent tout en œuvre pour réduire les apports et, les résultats suivent.

Deuxième poste de charges en tomates de serre, le coût de l’énergie a grimpé de près d’un quart depuis 2004. Cette progression aurait été bien supérieure si les serristes n’avaient pas revu à la baisse leur consommation de combustible. En effet, les kWh ont reculé de 25 % sur cette même période. Les consommations les plus basses sont observées dans les Côtes d’Armor (200 kWh par m² en 2008). Après le point bas atteint les deux années précédentes, les apports augmentent en 2010. L’hiver froid explique pour partie ce revirement de situation. Mais les niveaux d’apports très faibles, observés dans certaines situations, ont montré leurs limites en termes de performance économique.

Investir pour économiser

L’addition de plusieurs solutions a permis de limiter les apports en énergie. La généralisation des écrans thermiques a beaucoup pesé dans ce résultat. Aujourd’hui, certains serristes vont encore plus loin. En Ille-et-Vilaine par exemple, l'année 2011 s'oriente vers une baisse de consommations de gaz de 10 à 15 % par rapport à 2010, grâce en partie à la mise en place d'écrans fixes (films plastiques) sous les écrans mobiles : descente prévue sous les 300 kwh/m² en 2011. La pose de plastique sur les parois les plus froides devient systématique.

La récupération de chaleur sur les fumées de combustion est devenue monnaie courante (récupérateur de chaleur sur chaudière existante ou condenseur.) L’entretien régulier des installations est primordial. Il ne suffit pas d’avoir un condenseur. Il faut que son fonctionnement soit optimal. Là encore, ça fait des kWh d’économisés ! Dans d’autres cas, la solution consiste à apporter la chaleur au plus près des plantes, avec un réseau de distribution basse température.

Les «open buffers» réduisent aussi les consommations, tout en sécurisant le rendement. Plusieurs serristes ont investi dans ce système de stockage d’eau chaude qui permet de brûler le gaz dans la journée, et donc d’injecter le CO² récupéré sur les fumées dans la serre quand la plante en a besoin, puis de chauffer la serre la nuit grâce à l’eau chaude stockée. Le fonctionnement à régime constant de la chaudière améliore ses performances. L’économie d’énergie est supérieure à 5 %. De plus, cet investissement est éligible au certificat d’économie d’énergie.

Pas le droit à l’erreur

La réalisation d’économie nécessite souvent des investissements. Ceux-ci peuvent être très lourds, notamment quand on décide de changer d’énergie. Il convient de bien calculer son retour sur investissement. Cela met la pression sur les performances à réaliser en production. Ceci d’autant que la mise en place de solutions pour économiser l’énergie ne se fait pas toute seule. La gestion avec écran thermique par exemple est beaucoup plus délicate. L’hygrométrie devient primordiale ; de nouvelles techniques apparaissent, qu’il va falloir maîtriser.

Les serristes ont dû adapter leurs techniques de culture. L’intégration des températures par exemple autorise des températures plus basses la nuit, qui sont compensées le lendemain dans la journée. L’objectif étant de conserver même niveau moyen de température. Cette solution nécessite d’utiliser des variétés plus résistantes au froid. Certaines énergies très onéreuses, comme le fioul lourd ou le butane, obligent à décaler les dates de plantation. Le butane atteint des sommets en 2011 : à 730 € la tonne, le MWh se chiffre à 58 €, quand le gaz naturel tourne autour de 37 à 40 € le MWh en fonction de la consommation et du zonage (tarif telnuit au 1er octobre 2011).

Serres : l’énergie de trouver le bon mix

Tournés vers le marché libre

Le gaz naturel reste toujours compétitif, même si le tarif réglementé telnuit a grimpé de 35 % depuis 2009. Sur la seule année 2011, l’augmentation avoisine les 15 %. Cette progression pourrait d’ailleurs être plus lourde car le conseil d’État a demandé au gouvernement de revoir sa copie. L’arrêté du 29 septembre prévoyait le gel des tarifs pour les clients résidentiels et petits professionnels, les autres tarifs (dont les serres) augmentant en moyenne de 4,9% au 1er octobre dernier. Avec l’application des règles de calcul, la hausse aurait du être de 8,8 à 10%.Ces hausses concernent le tarif réglementé du gaz naturel. Aujourd’hui, beaucoup de serristes sont passés au marché libre (pas de retour possible au tarif réglementé). Très avantageux ces dernières années, les prix en libre se rapprochent du tarif réglementé, mais restent cependant un peu inférieurs. La consommation annuelle française fournie en offre de marché représente 73 % de la consommation totale (hors résidentiel) contre 27 % en réglementé. Les fournisseurs alternatifs (c'est-à-dire autres que GDF Suez et Tégaz) représentent un tiers de la consommation (hors résidentiel). Au troisième trimestre 2011, leur part de marché progresse encore d’après l’Observatoire des marchés du gaz.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires