Un placement à étudier : l'obligation privée

COGEDIS FIDEOR

Dans ce contexte de crise de la dette, les obligations d'entreprises peuvent s'avérer plus intéressantes que celles d'Etat, à condition d'être vigilant.

Contrairement à une action qui correspond à une prise de capital dans une société, une obligation est un titre de créance émis par un Etat, une collectivité publique ou une société. Le rendement de l'action est par nature incertain : il dépend du bénéfice réalisée par l'entreprise. L'obligation est réputée plus sûre, mais eu égard à la crise de la dette qui sévit actuellement dans la zone euro, mieux vaut s'entourer de conseils avant de souscrire. En tout état de cause, il est actuellement déconseillé de se positionner sur les obligations d'Etat de la zone euro. Fin 2008, elles ont constitué un refuge. Mais devant la menace de krach de la dette souveraine, celles-ci sont aujourd'hui délaissées au profit d'obligations émises par les entreprises souvent mieux rémunérées, ou vers les obligations indexées sur l'inflation. En 2010, les obligations ont offert des rendements relativement intéressants.

Revenu régulier

Il existe trois types d'obligations. Les obligations d'Etat intègrent la dette publique, aussi bien française qu'étrangère et s'appellent OAT (Obligations assimilables du Trésor). Elles sont à taux fixe ou à taux variable. Les obligations privées, appelées obligations Corporate, sont émises par les entreprises. Elles sont à taux fixe, variable ou révisable. Les obligations convertibles quant à elles sont des valeurs hybrides qui permettent de bénéficier de la sécurité financière attachée à l'obligation tout en profitant d'un rebond du marché des actions. A taux fixe, ces obligations peuvent être, au choix de l'investisseur, converties en action de l'émetteur à son échéance. L'obligation donne lieu au versement régulier d'un revenu appelé «coupon» dont le montant et les modalités de calcul sont fixés lors du lancement. L'obligation a ainsi un rendement prédéterminé au moment de l'acquisition et, sauf faillite de l'émetteur, le capital est garanti à terme. Le risque majeur de l'obligation réside dans le non-remboursement de l'emprunt par l'émetteur. La prudence est donc de mise avant de s'engager. Des agences de notation évaluent la solvabilité des Etats au regard de différents critères que sont le PIB, le poids du déficit public et la solidité financière des entreprises. Par ailleurs, le taux de rendement est inversement proportionnel au risque de défaillance de l'émetteur : plus le taux de rendement est élevé, plus la qualité de signature de l'émetteur est faible. Au même titre qu'une action, une obligation est un placement à moyen ou long terme. Sa valeur, cotée sur le marché, diminue lorsque les taux d'intérêt remontent.

Notations AAA

Actuellement, il peut être judicieux de se positionner en partie sur le marché obligataire d'entreprise qui constitue un placement offrant une sécurité relative ou sur le marché des dettes émergentes. Attention, il faut cependant être très sélectif. Les obligations d'entreprises à fort rendement ou indexées sur l'inflation (afin de parier sur une reprise inflationniste) représentent des opportunités intéressantes. Il faudra sélectionner les bonnes signatures c'est-à-dire les obligations d'entreprises de «Grade Investissement » qui sont les mieux notées, entre AAA et BBB car il est rare que ce type de société fasse faillite. Cette note donne des indications sur la solidité financière de l'entreprise, sa capacité à verser les intérêts durant la vie de l'obligation et à rembourser le capital à l'échéance. Cisco, noté A, par exemple, a récemment émis des obligations à 10 ans avec un rendement de 3,86 %. Parallèlement, Tyco Electronics noté BBB par les trois agences de notation a émis des titres de dette avec la même maturité mais avec un rendement de 4,75 % (avant frais de gestion et fiscalité). Le taux d'intérêt est la récompense pour la renonciation à la liquidité pendant une période déterminée. Les émissions de ce type d'obligation sont placées en quelques heures. Pour pouvoir en profiter, l'épargnant doit être réactif et disposer de liquidités.

Il peut être difficile pour un particulier de souscrire en direct à une obligation d'entreprise. Sur le marché primaire, l'investissement minimal est élevé, les émissions sont souvent réservées aux professionnels. Sur le marché secondaire, le prix de l'obligation s'adapte en fonction de son rendement comparé aux taux d'intérêt. L'épargnant doit alors prendre en compte à la fois le cours, le rendement de l'obligation et le niveau actuel des taux et se livrer à des calculs complexes. De ce fait, la meilleure voie pour s'intéresser aux obligations d'entreprise est de passer par des fonds et des sicav obligataires. D'où l'importance d'être bien conseillé.

Source COGEDIS FIDEOR

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