Analyse d'un défi : Financer l'allongement de la vie

CER FRANCE, Gérer pour Gagner

Notre pays vieillit. Il compte de plus en plus de retraités. Le quatrième âge pose de nouvelles questions. Comment trouver un nouvel équilibre entre actifs et retraités ? L'allongement de la durée de la vie offre aussi un gisement d'activités économiques encore mal exploité.

Le dossier des retraites a largement occupé l'espace médiatique en 2010. Il sera aussi au coeur de la campagne présidentielle pour 2012.

La réforme de 2010 porte sur l'âge légal de départ à la retraite, repoussé
à 62 ans pour bénéficier d'une retraite sans décote, à condition d'atteindre
une durée de cotisation de 166 trimestres.
L'âge moyen de départ à la retraite en 2009 était déjà de 61 ans et demi. Le démarrage de plus en plus tardif dans la vie professionnelle repousse mécaniquement l'âge réel du départ.

Alors, cette réforme a-t-elle déjà un train de retard ? En un sens, oui, car l'âge de départ réel dépasse déjà largement les 60 ans. Non, car cette réforme est indispensable si on veut tenir compte des évolutions sociétales (allongement de la durée de vie, augmentation du nombre de retraités) et de la stagnation de la croissance économique.

15,6 millions de retraités

Dans un tel système, les cotisations des actifs sont immédiatement utilisées
pour financer les pensions des retraités. Et l'on compte désormais 15,6 millions de retraités du régime général. Mais quel que soit le système de retraite, par répartition ou par capitalisation, les prestations retraites
constituent un prélèvement sur la valeur ajoutée des actifs.
L'équilibre du système de retraite dépend donc de la création de richesse produite collectivement (la croissance du PIB). Il dépend aussi de la répartition de cette croissance entre la rémunération du capital, le financement des dépenses publiques et la rémunération du travail. Une trop forte ponction sur cette richesse peut déséquilibrer l'ensemble de cette architecture.
La crise des subprimes aux Etats-Unis remet, par la force, dans le circuit du travail des retraités de 75 ans qui ont perdu leurs économies (leur capitalisation) dans des fonds de pension mal gérés.

L'émergence du quatrième âge

Autre facteur de déséquilibre, l'allongement de la durée de vie. La période
de retraite se décompose maintenant en une période active, de 60 ans à 75-
80 ans, et ensuite une période de dépendance qui va s'accentuer après 90
ans.
L'émergence du quatrième âge va accentuer durablement le déficit du régime des retraites et de l'assurance maladie.
La question se pose d'ailleurs sur le financement de cette période de dépendance. Doit-on la financer par les seuls actifs ou par la solidarité nationale ? C'est-à-dire par l'impôt ? Ou bien faut-il imaginer une autre source de financement ?

Un potentiel d'activités

N'oublions tout de même pas que ces transferts financiers sont aussi
sources d'activité économique. Les services à la personne se développent
rapidement et migrent pour une part du secteur non-marchand (services publics) vers le secteur marchand. Nombre d'entreprises assurent
actuellement leur croissance ou se créent autour de ces nouveaux
besoins.
Un potentiel économique en marge du débat sur les retraites, mais
bien réel pour les petites entreprises de service.

Source CER FRANCE, Gérer pour Gagner

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