Garantir sa santé, c’est garantir la pérennité de l’exploitation

Conseil National CERFRANCE PILIPENKO

Garantir sa santé, c’est garantir la pérennité de l’exploitation

Dans cette région boisée de Charente, la vie d’agriculteur de Michel Lavergne a connu une traversée du désert quand la maladie s’est installée. Heureusement, l’exploitant avait mis en place une couverture d’assurance solide. Conjuguée à la solidarité qui s’est installée pour assurer le quotidien de l’exploitation, elle a garanti la survie de l’entreprise.

Après une expérience de conseiller de gestion dans la Vienne, Michel Lavergne s’installe en Charente avec son père sur une ferme de polyculture élevage. Les 15 premières années seront les années de projet et de développement pour se stabiliser au milieu de la décennie 90 : 250 hectares, 250 truies, un système d’irrigation, l’installation de Didier le jeune frère, le départ du père en 1998… Bref, une vie d’agriculteur en mouvement comme l’a vécue la majorité des exploitants français.

Ajoutons-y des engagements professionnels, et la séparation des deux frères qui vont retrouver un nouvel équilibre de travail en commun avec deux structures séparées. Les années 2000 vont s’égréner en pensant à la transmission. Mais fin 2008, la routine est balayée par un accident de la vie. Michel est atteint du syndrome de Guillain-Barré, une maladie inflammatoire du système nerveux. Direction les urgences, réanimation, assistance respiratoire, trois semaines de coma… Tout s’enchaîne très vite. à la sortie, Michel est diagnostiqué tétraplégique, impossible de bouger pendant 6 mois. Ensuite, une longue convalescence commence, assortie d’une incapacité de travail qui va paraître à Michel une éternité. Trois ans avant de pouvoir reprendre les rênes de l’exploitation, avec encore aujourd’hui des difficultés pour se mouvoir.

Michel se souvient : “c’est arrivé comme un accident, du jour au lendemain. On était en pleine récolte de maïs, il fallait gérer le chantier, et c’est là que l’on apprécie son entourage. Marie-Claire, ma femme, professeur de maths en collège, s’est plongée dans les paperasses agricoles et ce n’est pas simple. J’avais un salarié qui a mis les bouchées doubles et mon frère a pris mon relais. Sans ces coups de main, je n’aurais pas pu continuer l’exploitation, on ne peut pas gérer et assurer le quotidien d’une exploitation de son lit d’hôpital sur une période aussi longue. Heureusement, je n’avais plus d’animaux à m’occuper, car cela aurait été bien plus compliqué à transférer”. Michel va aussi dans cette période apprécier l’implication de ses partenaires, le technicien de la coopérative, la comptable, la mutuelle d’assurance, la banque. Chacun à son niveau va se mobiliser pour répondre aux urgences administratives et financières. “La comptable est venue passer une journée pour expliquer à ma femme tout le suivi à faire, le calendrier des déclarations…”se souvient Michel. Parallèlement à la mise en place de toute cette organisation de travail, il faut rapidement faire le point sur la couverture assurantielle. Sur le plan médical, la couverture maladie a parfaitement joué son rôle, l’ensemble des soins a été pris en charge à 100 %. “Heureusement, car les journées en réanimation sont très onéreuses”.

Pour les indemnités journalières, c’est une autre histoire. Cela fait partie du choix personnel de l’exploitant, de sa prise de conscience du risque. Cette prise de conscience arrive souvent quand l’accident survient. “Ma mère a été notre prise de conscience. Elle était secrétaire de la caisse locale d’une mutuelle d’assurance. Dès notre installation, elle nous a incité à souscrire un contrat spécifique avec indemnités journalières et différentes prises en charges en cas de maladie et accident, notamment la main d’oeuvre de remplacement. Quand ma maladie s’est déclarée, cela faisait 30 ans déjà que nous avions ce contrat ainsi qu’une couverture risque fiscal”, explique Michel. En sus des indemnités journalières (IJ), les assurances décès invalidités (ADI) des prêts en cours sont activées et couvriront les annuités à verser durant la période d’arrêt. “Quand on fait des prêts, on trouve toujours que c’est trop cher, pourtant on prend le risque de ne pas pouvoir rembourser. Dans mon cas, j’ai toujours eu un volant d’emprunts conséquent, notamment par achat de foncier. Se couvrir était prudent”. Reconnu en longue maladie, avec un taux d’invalidité, Michel Lavergne a retrouvé malgré tout sa place dans l’exploitation. Il est redevenu le pilote à part entière même si ses capacités physiques sont diminuées. L’important, c’est qu’il puisse organiser sereinement la transmission de son exploitation. Sa vision est plus claire aujourd’hui depuis sa cour de ferme que de son lit d’hôpital.

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