Je m’adapte donc je suis

Conseil National CERFRANCE POSTEC

Je m’adapte donc je suis

L’histoire le démontre, les exploitations qui durent sont celles qui ont su adapter leurs techniques de production, leurs savoirs, ou tout simplement la nature de leur activité. Un agriculteur aujourd’hui ne fait pas vraiment le même métier que ses parents ou grands-parents… et ce mouvement n’est pas près de s’arrêter, au contraire

S’adapter pour rester dans le rythme, pour être performant et vivre de son activité est une nécessite, une évidence. Pour autant, il ne suffit pas d’avoir conscience que l’exploitation de demain aura des contours différents de celle d’aujourd’hui, encore faut-il avoir les moyens de conduire une telle mutation. Pour cela certains préalables doivent être réunis.

Maîtriser le présent pour envisager l’avenir

Cela peut sembler paradoxal, mais pour avoir toutes les chances d’aboutir, un projet d’adaptation doit s’appuyer sur des acquis solides. En effet, adapter, réorienter l’exploitation ne signifie pas forcément la révolutionner en changeant du tout au tout la nature de son activité. Généralement, un tel processus se concrétise par étapes, la première consistant à consolider l’activité en place avant d’envisager de développer un nouvel atelier, par exemple. En architecture, on dirait “pas d’immeuble solide sans de bonnes fondations”. Formule autrement : adapter l’exploitation, la faire progresser nécessite de pouvoir s’appuyer sur une bonne maîtrise de l’activité en place, sur une capacité bénéficiaire stable et une solvabilité affirmée. À défaut, changer de cap n’est pas impossible mais beaucoup plus difficile.

Avoir les moyens financiers de se projeter

économiquement, la réussite d’un tel projet passe par deux conditions.

La première, disposer d’une rentabilité suffisante pour assumer les charges courantes et son revenu, les investissements de l’activité préexistante et dégager une capacité bénéficiaire supplémentaire susceptible de contribuer pour partie au financement des investissements lies au nouveau projet. De la même façon, le projet à mettre en œuvre Devra être en mesure de dégager sa propre capacité bénéficiaire pour ne pas compromettre la pérennité de l’exploitation. 

Deuxième condition, disposer d’une trésorerie d’avance pour gérer la montée en puissance de la nouvelle activité. La probabilité pour que cette activité soit immédiatement rentable est très faible. Par exemple, s’il s’agit de développer une activité de vente directe, la rentabilité ne pourra s’acquérir qu’avec le développement de la clientèle, soit à un horizon de plusieurs mois. Sans trésorerie d’avance, le projet peut être excellent, il n’en sera pas moins difficile à financer. Pire, Il peut mettre en difficulté l’activité préexistante qui devra mobiliser sa trésorerie pour financer les déséquilibres de la vente directe.

Avoir le temps à consacrer au projet

Le temps est un autre facteur clef de réussite de tout projet visant à faire évoluer les contours de l’exploitation. Pour s’en convaincre, il suffit de se remettre dans le contexte. Si l’on part du principe que l’adaptation de l’exploitation ne signifie pas faire table rase du passé, on peut en déduire que le chef d’exploitation (et ses associes s’il est en société) et/ou ses salaries devront être en mesure de mener de front l’activité préexistante et le nouveau projet. La charge de travail peut vite devenir ingérable. Là encore, pour limiter ce risque il est important de pouvoir s’appuyer sur des acquis, à savoir une activité de base maîtrisée, une organisation claire des tâches à accomplir et des procédures rodées tant pour le chef d’exploitation que pour ses associes ou les salaries.

Dans le même esprit, il va de soi que si le projet concerne une société, tous les associes devront être convaincus de sa nécessite, même s’il doit être porte par un seul d’entre eux. Le partage d’une vision commune est d’autant plus fondamental que les autres associes devront probablement prendre en charge une partie des taches qui incombaient à leur associe. Si en plus le projet avance moins vite que prévu, ou s’il est plus difficile à financer, les tensions qui peuvent naitre seront difficiles a Aplanir.

Ne pas s’endormir sur ses lauriers

 Enfin, pour être réellement efficace, cette philosophie doit être une préoccupation permanente. Même si c’est surprenant, c’est quand tout va bien, quand la tentation de se reposer sur ses lauriers est légitime, qu’il faut s’interroger sur les pratiques à remettre en cause ou à adapter. Changer de cap, développer de nouvelles activités nécessite du temps et de l’argent mais aussi une capacité d'ouverture au changement. Une exploitation au pied du mur n’aura pas les moyens d’un tel investissement. Qui plus est, s’endormir sur ses lauriers aura inévitablement pour inconvénient de se faire rattraper, voire dépassé par un environnement économique, technique, règlementaire… en perpétuelle évolution.

 

Source : CERFRANCE  : Serge Thomas, conseiller d’entreprise Gérer pour Gagner - n° 40 Décembre 2015

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