MSA : Substitution du formaldéhyde dans le secteur agricole en Pays de la Loire : Une méthodologie pertinente et des solutions à adapter

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MSA : Substitution du formaldéhyde dans le secteur agricole en Pays de la Loire : Une méthodologie pertinente et des solutions à adapter

Le formol ou formaldéhyde est un conservateur fréquent de notre environnement.

Il est présent dans les vêtements, shampooing, durcisseurs d'ongles, produits ménagers… et pour un usage vétérinaire : désinfectant et antimycosique. Il est de plus très utilisé en agriculture. L'arrêté du 13 juillet 2006, entré en vigueur au 1er janvier 2007, rend obligatoire une étude de faisabilité pour chaque entreprise utilisatrice du formaldéhyde, en vue de son remplacement par d'autres produits moins toxiques.
Dans la région des Pays de la Loire, l'AroMSA (Association régionale des organismes de MSA), dans le cadre du plan régional santé et environnement, accompagne les entreprises utilisatrices pour les guider tout au long du processus de substitution. Pour ce faire, une étude est menée avec quatre entreprises partenaires, caractéristiques de différentes filières d'activité agricole (producteurs d'oeufs, champignons de Paris, parage des bovins). L'objectif : définir des pistes de substitution du formaldéhyde, avec une méthodologie transposable par la suite à l'ensemble des autres entreprises utilisatrices, en tenant compte cependant de leurs spécificités.
Il s'agit tout d'abord de définir, selon les cas, si l'utilisateur peut remplacer la substance incriminée par une autre moins dangereuse, ou si il peut se passer purement et simplement de celle-ci, en mettant en place un nouveau procédé de production.

Cinq grands paramètres doivent être pris en compte pour chaque option envisagée :

- la faisabilité et l'efficacité technique,
- la santé et la sécurité au travail,
- les facteurs humains et organisationnels,
- la protection de l'environnement,
- les facteurs économiques.
L'accent est mis plus particulièrement sur l'absence de nocivité des solutions apportées.

L'étude s'articule en sept grandes étapes :

1- Identification du problème. Il s'agit tout d'abord de s'informer sur le formaldéhyde et son usage dans l'entreprise, ainsi que sur l'exposition des employés à ce dernier.
2- Propositions d'options de substitution. A partir de critères techniques et légaux, une liste la plus exhaustive possible de produits envisageables est constituée et étudiée avec soin.
3- Evaluation des conséquences de l'implantation des options de substitution. D'après la liste établie à l'étape précédente, on documente chacune des options possibles, en tenant compte des cinq grands paramètres préalablement définis.
4- Choix des options à tester. Celles-ci sont définies en fonction de critères plus personnels, propres à chaque entreprise, tout en conservant l'idée du risque engendré inférieur par rapport au Formaldéhyde.
5- Tests. Au cours de cette étape sont recueillies le maximum d'informations possibles au niveau des performances techniques, auprès des utilisateurs concernés.
6- Evaluation. Lancée en même temps que l'étape des tests, elle vise à évaluer l'adéquation entre l'étude théorique préalable et sa mise en application pratique, pour détecter, par exemple, d'éventuels problèmes non décelés précédemment.
7- Recommandations. L'affinage des évaluations menées avec l'entreprise débouche sur une ou plusieurs solutions de substitution, ou sur l'absence de solution satisfaisante, le cas échéant. Dans cette hypothèse, un organisme de contrôle de l'inspection du travail doit pouvoir être informé.

Dans le cadre de l'étude menée par l'AroMSA, plusieurs options de substitutions ont été testées. Des produits à base de dichloroisocyanurate de sodium, d'ortho-phényl-phénol, d'hydroxyde de sodium, d'alcool éthylique et d'autres composés chimiques complexes ont entre autres été utilisés.
Les résultats sont contrastés. Si l'on peut parler de pistes sérieuses dans tous les cas, les différentes substances ne se révèlent pas toutes être des produits de substitution exploitables en l'état. Des critères olfactifs de gène sont souvent mis en lumière par les utilisateurs. Certains produits sont également hautement inflammables et nécessitent des conditions de stockage draconiennes, d'autres ne peuvent pas être mélangés avec des substances déjà présentes sur le site. D'autres enfin ne sont pas économiquement intéressants par rapport au formaldéhyde. Il convient de poursuivre les tests sur un terme plus long, afin de conforter les résultats déjà obtenus, parfois en alternant deux produits aux caractéristiques complémentaires. Deux entreprises sont d'ors et déjà sur la voie, et dans le cas de résultats positifs à ces tests, de procéder à une substitution totale de la substance à bannir.
Si les résultats de cette étude ne sont pas généralisables à l'ensemble des entreprises agricoles utilisatrices de formaldéhyde, l'utilisation de la méthodologie employée est recommandée. Elle débouche sur un résultat réellement adapté à chaque filière ou secteur professionnel, et également transposable à tout autre type de produit.

Source MSA Mayenne-Orne-Sarthe

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