Organiser le travail, c'est capital : La banque de travail organise et renforce l'entraide

Propos recueillis par P. Passemard, conseiller d'entreprise Conseil National CER France

Grâce à son système de points, la banque de travail donne un cadre équitable pour développer vos collaborations.

Comptabiliser par des points le temps de travail passé chez les adhérents d'une même banque de travail ainsi que le prêt de matériel relève d'une volonté d'organisation et d'équité. Cette démarche renforce l'entraide et permet de réduire sensiblement les charges en optimisant la main d'oeuvre et le matériel. Virginie Rousselin, animatrice à l'association tarnaise pour le développement de l'agriculture de groupe, témoigne.

La banque de travail comptabilise les échanges de main-d'oeuvre et de matériel.

La banque de travail comptabilise les échanges de main-d'oeuvre et de matériel.

À quels besoins répond une banque de travail ?

Virginie Rousselin : Beaucoup d'agriculteurs ont recours à l'entraide pour faire face aux pointes de travaux, notamment pendant les ensilages. Les habitudes de travail sont souvent organisées autour des CUMA locales. L'idée de la banque de travail est d'élargir cette entraide à toute l'année et à d'autres exploitants. Elle offre alors un cadre équilibré pour prendre en compte les attentes de tous, y compris avec des productions différentes.

Le système de points assure-t-il vraiment des échanges équitables ?

V.R. : L'objet de la banque de travail est d'apporter un service réciproque de main-d'oeuvre et de matériel. Les adhérents échangent tous types de travaux : ramassage de volaille, maçonnerie, travaux culturaux,… et tout prêt de matériel. Chaque adhérent met à disposition de la banque de travail, le matériel qu'il souhaite, sans obligation de le fournir systématiquement. Le montant de la rémunération du service est transformé en valeur de points, débitée ou créditée à la banque de travail. Pour assurer l'équité entre les adhérents, le temps passé ou le matériel prêté sont comptabilisés sur un carnet à souches numérotées. Ils indiquent la date, l'objet de l'échange, la personne ayant apporté son travail ou son matériel et la personne les ayant reçus, le nombre d'unités échangées et la valeur de l'unité.
Pour éviter des difficultés de fonctionnement, il est nécessaire de mettre en place une réunion de concertation. C'est l'occasion de faire le bilan des activités, le nombre de points reçus et donnés. Une fois le solde établi, ils savent quel voisin appeler en priorité pour respecter un certain équilibre entre eux.

La banque de travail complète donc bien les CUMA…

V.R. : Prenons une CUMA qui a investi dans un télescopique qui est souvent mobilisé : l'efficacité et l'organisation du travail engendrées par la banque de travail permettent de libérer plus vite ce matériel et de le rentabiliser. Pour l'achat de matériels, les adhérents réfléchissent autrement leurs investissements : la banque de travail permet de rentabiliser un matériel acheté sur une seule exploitation.

Quels sont les passages obligés lorsque l'on veut créer une banque de travail ?

V.R. : Il est vraiment opportun de réaliser une Évaluation des Risques Professionnels ; cet outil facilite le remplacement ou l'entraide et trouve pleinement sa place dans une banque de travail. Cette évaluation explique ce qui est fait sur l'exploitation, comment c'est fait, et comment l'exploitation est organisée pour limiter les risques. Les identifier, c'est éviter de les faire courir à ceux qui viennent vous aider.

 

Source Conseil National CER France

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