Retraite de base : La peau de chagrin

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Retraite de base : La peau de chagrin

Les régimes obligatoires de retraite ne procurent pas de revenu suffisant pour vivre pendant la retraite.

Que peut-on attendre des régimes obligatoires de retraite ?
Tout le monde s'est posé la question. Surtout depuis l'automne 2010, avec la troisième réforme des retraites en 20 ans ! En vérité, la réforme de 2010 n'est pas une surprise. Elle prolonge la réforme Fillon 2003, qui avait déjà prévu l'allongement de la durée de cotisation : 40 ans jusqu'en 2008 pour les personnes nées avant 1948, puis allongement d'un trimestre par an entre 2009 et 2012. La durée de cotisation pour obtenir une retraite pleine avait déjà été portée à 41 ans pour les personnes nées en 1952.

Le bon âge…

La grande nouveauté de la réforme 2010, c'est le recul de l'âge de départ en retraite ; il passe progressivement de 60 ans (pour les personnes nées avant le 1er juillet 1951) à 62 ans, pour ceux qui sont nés après le 1er janvier 1956.
En parallèle, la durée d'assurance est prolongée de 41 à 42 ans (soit 166 trimestres). Sauf pour ceux qui ont débuté leur carrière jeune, notamment avant l'âge de 20 ans : ils ne pourront pas, en principe(1), prendre leur retraite avant 62 ans et vont donc cotiser pendant plus de 42 ans !

Voilà pour les grands principes de la réforme, qui sont les mêmes pour tous.
En revanche, les modalités pratiques diffèrent selon les régimes. De nombreuses professions ont leurs particularités. C'est le cas pour les agriculteurs, qui dépendent du régime des non salariés agricoles (NSA), géré par les caisses de MSA. Décryptons maintenant le calcul de la retraite pour un exploitant agricole.

Sacrés trimestres !

Pour bénéficier d'une retraite dite “à taux plein”, il faut bien sûr avoir l'âge requis, mais aussi respecter la condition de durée d'assurance. Autrement
dit, atteindre les fameux 166 trimestres validés. Cette durée d'assurance peut être obtenue par des durées cotisées (l'agriculteur a versé des cotisations retraite), ou par des périodes validées (8 trimestres par enfant, maladie...).

Chez les exploitants agricoles, la cotisation retraite d'une année permet de valider obligatoirement 4 trimestres, ce qui n'est pas le cas dans les autres régimes. En ce sens, le régime agricole est très protecteur. Mais, revers de la médaille, les cotisations minimales “retraite” sont élevées : plus de 1 400 € en 2011 (contre 430 € pour un artisan, qui sera moins protégé…).

 

Un rendement par paliers

À ma retraite, combien vais-je percevoir ? Il faut savoir que le régime de retraite des non salariés agricoles est composé de trois éléments, le premier forfaitaire, les deux autres basés sur des cotisations.

• 1er élément : la retraite forfaitaire financée par l'AVI (Assurance
Vieillesse Individuelle) L'objectif est simple : le même niveau de retraite forfaitaire pour tous, quel que soit le niveau de cotisations. Actuellement, la retraite forfaitaire est fixée à 3 248 € par an pour une carrière complète. Ce qui fait 270 € par mois.
• 2e élément : la retraite proportionnelle couverte par l'Assurance
Vieillesse Agricole (AVA) Ce système, très proche d'un régime
de retraite complémentaire, permet d'acquérir des points en fonction d'un
revenu déclaré. Puis ces points sont capitalisés et servis lors du départ en
retraite. Un coefficient correcteur, tenant compte de l'année de naissance,
corrige le calcul.
• 3e élément : la Retraite Complémentaire Obligatoire
Le système agricole est équivalent à celui du Régime Social des Indépendants (le régime des artisans et commerçants). Avec une différence
notable : une assiette minimale de cotisation, basée sur 1 820 Smic
(16 380 €), qui porte la cotisation minimale RCO à 491 € en 2011. Alors que le régime du RSI se base sur une assiette minimale de 200 Smic, soit 1 800 €.

Retenons quelques constats édifiants :
- Cotiser sur la base de 7 200 € ou de 14 596 € aboutit strictement aux mêmes droits. Mais avec une cotisation quasiment du simple au double !
- Au-delà de 14 596 €, le montant de la retraite de base, pour une carrière
complète s'élève à 50 % du revenu comme dans le régime général.
Ce système tasse complètement la retraite des exploitants agricoles : 95 %
d'entre eux bénéfi cient d'une retraite comprise entre 700 et 800 € par mois.

 

Source CER FRANCE, Gérer pour Gagner

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