À la recherche du phosphore biodisponible

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures Juillet-Août 2012

À la recherche du phosphore  biodisponible
Une analyse de terre tous les quatre ou cinq ans est pertinente pour mesurer le phosphore du sol en un temps donné. Crédit photo : S. Leitenberger

L’Inra travaille à une nouvelle méthode d’analyse moins empirique du phosphore du sol que celles existant actuellement.

Avec divers partenaires, l’Inra travaille à concevoir une nouvelle méthode d’évaluation du phosphore du sol disponible pour la plante. « Dans la terre, le phosphore est présent sous la seule forme phosphate (PO4) et la plante ne prélève que des ions phosphate présents dans la solution du sol », explique Christian Morel, ingénieur de recherche à l’Inra de Bordeaux. Au moment de cette absorption, la solution est réapprovisionnée par des phosphates provenant de la phase solide du sol, pour créer un équilibre entre les deux compartiments. Dans quelle mesure le sol peut pourvoir aux besoins de la plante par ces échanges entre les deux compartiments ? C’est ce que l’on veut mesurer », présente Christian Morel.

Isotopes radioactifs à la rescousse

Avec des analyses en laboratoire, l’Inra y parvient en traçant le transfert d’ions phosphate à l’aide d’isotopes radioactifs du phosphore. « Nous en déduisons un indicateur E de biodisponibilité du phosphore du sol qui se montre plus performant que l’analyse P Olsen pour rendre compte de la réponse d’une culture à la carence en P dans des sols différents. Et l’indicateur estime un seuil impasse de façon moins variable entre les sols », présentent les chercheurs de l’Inra, Pascal Denoroy et Christian Morel.

Démarche mécaniste

Mais il faudra patienter pour la mise en application de la méthode. « Nous voulons aboutir à une démarche plus proche de la réalité pour le calcul de la dose de phosphore à apporter et pouvoir prédire l’évolution de la fertilité phosphatée du sol à long terme au champ. » Le passage en routine de la nouvelle mesure basée sur l’utilisation d’isotopes radioactifs dans des laboratoires d’analyse du sol apparaît délicate. Il faudrait pouvoir s’en passer.
Les travaux réalisés sur une variété de situations doivent expliquer les mécanismes de transfert du phosphate et identifier les facteurs du sol qui jouent un rôle. « Nous savons que ce transfert dépend de paramètres comme le pH, la proportion d’argile dans le sol, de carbonate de calcium, d’oxydes de fer et d’aluminium… Nous essayons de traduire le transfert des ions phosphate à l’interface solide-solution au travers de ces paramètres physico-chimiques du sol. » Aussi imparfaites soient-elles, les vieilles méthodes Dyer, Joret Hébert et P Olsen ont encore de beaux jours devant elles.

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