Adventices : diversifier les moyens de lutte

Christian Gloria

Adventices : diversifier les moyens de lutte

Davantage de ray-grass et de vulpin par ci, plus de géraniums et de crucifères par là… Les adventices à problèmes profitent des évolutions de l'agriculture pour se développer : moins de labour, des rotations culturales plus courtes et moins diversifiées avec régression des cultures de printemps, des stratégies de désherbage chimique reposant trop souvent sur les mêmes produits…

L'ère du tout herbicide est révolue pour lutter contre les mauvaises herbes. Celles-ci résistent de mieux en mieux, parfois à plusieurs catégories de produits à la fois. Après les graminées, c'est au tour des dicotylédones de devenir insensibles à des désherbants tels les sulfonylurées. Le coquelicot est l'exemple le plus voyant de cette évolution. Face à cela, la stratégie de l'alternance des modes d'action dans l'utilisation des produits est une solution. Le discours prend difficilement dans les campagnes faute d'une bonne identification du produit quand on a le bidon en main.

Les voyants sont au rouge

Les innovations en matière d'herbicides se font rares. Les sociétés phytosanitaires mettent de moins en moins de moyens dans leurs recherches. La facture du désherbage chimique monte inexorablement avec des résultats d'efficacité pas toujours satisfaisants. Manifestement, les voyants sont au rouge du côté des herbicides. Les alternatives à la lutte chimique contre les mauvaises herbes sont plus que jamais incontournables.

Il y a diverses manières de porter atteinte à ces plantes indésirables. Le dossier insiste sur les techniques de faux semis à l'interculture qui nécessitent des adaptations selon que l'on vise des graminées ou des géraniums, par exemple. L'obligation des couverts végétaux à l'interculture en zone vulnérable réduit les possibilités d'agir contre les adventices mais ne les anéantit pas complètement. Peut-on profiter de ces plantes d'interculture pour étouffer les adventices ? À voir.

Au final, on ne peut plus compter sur l'innovation herbicide pour apporter la solution miracle contre les mauvaises herbes les plus agressives. Ce sont les spécialistes des firmes eux-mêmes qui l'affirment. Les herbicides gardent un rôle important dans la stratégie de désherbage mais cela devient un levier parmi d'autres. Prise isolément, chaque technique mécanique et agronomique de lutte (rotation culturale, évitement par les dates de semis) offre une efficacité partielle, en deçà des performances des herbicides. Mais combinées tous les ans, elles se montrent très efficaces et ont une action durable aboutissant à la diminution de la pression adventice. Les mauvaises herbes ne doivent pas gagner la partie.

Pour en savoir plus

Voir dossier de septembre de Réussir Grandes Cultures. (RGC n°250 , p. 38 à 50).

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