Agriculture biologique : Blé, féverole, épeautre… tout du bio

Bénédicte Boissier

Agriculture biologique : Blé, féverole, épeautre… tout du bio

Installé depuis près de 30 ans, converti en agriculture bio depuis près de 10 ans, Jean-Louis Besson, en Earl avec Pierrette son épouse, cultive la terre en Limagne Sud, du côté de Gignat.

Un agriculteur bio

Sur 73 ha, Jean-Louis Besson cultive le tournesol, le blé, l'épeautre, la luzerne, l'orge pure, en mélange avec des pois et de la féverole… « Pour des raisons techniques j'ai du, momentanément, abandonner le colza, mais je ne désespère pas d'y revenir (sourire). » Il fait également de la prairie permanente.

L'épeautre est un grain rustique, qui demande peu d'eau, a de faibles rendements et ne supporte pas le moindre apport d'engrais.

L'épeautre est un grain rustique, qui demande peu d'eau, a de faibles rendements et ne supporte pas le moindre apport d'engrais.

La bio, pas par hasard

« Je m'intéressais à la bio depuis quelques années, j'avais des pratiques raisonnées. »
Jean-Louis raconte avoir procédé pendant 5 ans, dans les années 90, à des essais avec un technicien de la Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme.
« On menait sur colza, tournesol et blé, 3 conduites différentes : assurance, raisonnée, économique. Le constat ? Pour le tournesol et le blé, la conduite économique s'en sortait plutôt bien. On avait une marge équivalente en réduisant les intrants. Tout ceci se rapprochait de l'agriculture biologique. »

Se préparer à passer en agriculture bio

Se préparer à passer en agriculture bio

 

Franchir le cap

Il a suivi en 1999, la formation dispensée par Bio 63 sur le passage en bio, « durant laquelle on nous a parlé des CTE. Cela a été le coup de pouce que j'attendais. » Il explique en effet avoir eu « quelques réticences au niveau économique, car mes deux filles faisaient des études supérieures. Un autre frein pour moi : je n'avais pas d'élevage. (Une raison pour laquelle pendant quelques années j'ai échangé de la paille contre du fumier). »
Mais face à cette situation il avait : « un grand attachement à l'environnement, 20 ans d'agriculture conventionnelle mais raisonnée. Avec un regret : mes récoltes allaient dans le même tas que les autres. »
Avec l'appui de Monique Tournadre, conseillère d'entreprise à la Chambre d'Agriculture, il a obtenu un CTE, et décidé en 2000 de convertir en bio son exploitation. « Avec le recul, je regrette de ne pas l'avoir fait avant. A l'heure actuelle, vu la conjoncture, je ne suis pas sûr que je vivrais de ce que je faisais en 1999 ! »
Sa première récolte bio a été faite en 2003. « Pendant deux ans j'ai eu un peu d'appréhension, mais sans plus. »

Une production vendue à des particuliers et des organismes

Une production vendue à des particuliers et des organismes

 

Cultiver bio

« Ça demande un peu de bon sens, les rotations sont plus longues en agriculture bio, mais on acquiert du savoir-faire. Il faut sûrement procéder à davantage d'observation. Mais ma charge de travail, du fait du nombre de cultures, est bien répartie. »
Il explique prendre depuis 3 ans du compost de déchets verts à la plate-forme de compostage de Charbonnier- les -Mines, (200 t par an). « Quand il manque de l'engrais j'en achète de l'organique. Ce qui me plaît : je suis autonome par rapport aux intrants. »
Il vend tout ce qui est mélange fourrager directement à des agriculteurs bio.« C'est très intéressant, car ainsi j'ai des contacts avec d'autres. »
En 2008 le blé et l'épeautre ont été cédés à Celnat, le tournesol à la Ligue Pour la Protection des Oiseaux (LPO).
« Je me sens bien. J'ai une satisfaction personnelle et économique aussi. C'est vrai que les cours ont augmenté significativement et n'ont pas redescendu. Cette année j'aurais vendu 10 fois ce que j'avais. »

Les agriculteurs bio apprécient de se rencontrer au sein de leur association

Les agriculteurs bio apprécient de se rencontrer au sein de leur association

 

Adhérent à Bio 63

« Heureusement qu'on bénéficie d'une telle association. Sinon je pense qu'on se sentirait parfois un peu seul. C'est avec plaisir qu'on se retrouve dans les formations, pour connaître les actualités de la bio, partager un repas, connaître ce qui se passe.
Les visites de culture organisées dans le département sont très enrichissantes. C'est comme ça qu'on progresse. » Pendant deux ans il a fait partie du conseil d'administration, mais son élection comme maire de Gignat l'a conduit à redevenir « simple adhérent ». Il relève avoir de bons rapports avec ses voisins en conventionnel, qui ont bien voulu échanger des parcelles, lors de son passage à la bio. « Cela a fait comme un mini remembrement amiable. »
Vous voulez en savoir davantage sur l'agriculture biologique et l'association bio 63
Adressez-vous à :
Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme
Paul Jourdan
Conseiller en agriculture biologique et animateur de Bio 63
Secrétariat : Martine Bony

Source Chambre d'Agriculture du Puy-de-Dôme

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