Aides et dérogations aux semences certifiées

Christian Gloria

Aides et dérogations aux semences certifiées
Les semences de ferme sont majoritaires en céréales dans de nombreuses régions dont l'Ile-de-France. - © Staff

La région Île-de-France a octroyé une aide financière à l'achat de semences certifiées aux agriculteurs. Les trieurs à façon se sentent oubliés...

La décision fait jaser du côté du Staff, le syndicat des trieurs à façon. Le 22 août, la présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a décidé de débloquer une aide de 6,5 millions d'euros (M€) pour les céréaliers « pour venir en soutien dans leurs investissements et préserver le capital génétique de la filière céréalière francilienne ». L'aide est louable compte tenu des chutes de rendements de 50 % en moyenne dans la région et d'une perte globale de chiffre d'affaires de 500 à 600 M€ chez les céréaliers d'Île-de-France. Mais la région invite les agriculteurs à se servir de l'aide pour investir dans des semences certifiées en céréales d'automne en mettant en avant leur qualité. Or le Staff note que ces semences certifiées ne représentent que 40 % des volumes des semences mis en terre en Île-de-France.

60 % de semences autoproduites

« 60 % des semences environ sont autoproduites en semences de ferme. Même plus petits, les grains de la récolte 2016 sont tout à fait en capacité de produire une semence de qualité. Il suffit de bien les trier, ce que les professionnels de la semence de ferme savent faire, souligne Sylvain Ducroquet, président du Staff. L'avantage de la semence de ferme est le gain économique avec un coût 30 à 40 % moins cher qu'une semence certifiée. » Sylvain Ducroquet souhaite que sa filière puisse être soutenue au même titre que celle des stations de semences certifiées, une façon « d'accorder aux agriculteurs la liberté de choix de leur modèle de production. »

Par ailleurs, dans le contexte difficile de la récolte 2016, les professionnels du secteur semencier ont obtenu du ministère de l'Agriculture la certification de semences de deuxième génération (R2) pour le blé tendre d'hiver, l'orge d'hiver et les protéagineux d'hiver et de printemps afin de compenser un déficit en semences R1. Ces semences R2, « équivalentes à de la semence de ferme », se plait à souligner le Staff, répondront aux normes strictes de la semence certifiée.

Source Réussir Grandes Cultures

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