Allier mécanique et chimique pour lutter contre les mauvaises herbes

FARRE FARRE

Allier mécanique et chimique pour lutter contre les mauvaises herbes

Benoît Collard, agriculteur Farre dans la Marne, nous explique sa stratégie pour limiter l'impact environnemental du désherbage sur son exploitation.

"Sur mon exploitation, comme j’utilise beaucoup de matière organique en échange avec des éleveurs, j’ai une augmentation du potentiel de graines de mauvaises herbes. Je mets en place une lutte mixte, mécanique et chimique . Le désherbage mécanique est une technique qui permet d’utiliser des outils souvent déjà présents sur l’exploitation, pour intervenir sur les mauvaises herbes avant ou après semis, et je complète à l’automne ou à printemps avec un passage chimique. L’objectif de cette lutte mixte, globale sur la rotation, c’est de diminuer la pression du salissement, de ne pas « se laisser dépasser » dans aucune culture, en particulier sur blé qui représente 30% de ma surface et où les mauvaises herbes présentes le sont sur toutes les parcelles (vulpin, gaillet, renouées, véronique) et enfin de diminuer l’apparition de résistances aux produits phytosanitaires.

Avant le semis de blé :
• Le choix variétal intervient : je recherche des variétés vigoureuses à la levée et qui ont plutôt des feuilles plus larges.
• J’utilise la technique du faux-semis (couplée à un décalage de la date de semis) c’est-à-dire que je prépare mes parcelles quelques dizaines de jours avant la date de semis, ce qui permet au moment de la réalisation du semis d’éliminer un certain nombre des premières levées mauvaises herbes.

Je fais également des interventions de désherbage mécanique après le semis :
• J’utilise la herse étrille dans une technique qu’on appelle à l’aveugle, c’est-à-dire que dès que le blé est germé, je passe avec la herse étrille si la météo me le permet, pour détruire toutes les mauvaises herbes au stade du filament blanc.
• J’utilise aussi la herse étrille pour détruire les mauvaises herbes après la levée de la culture de blé, mais dans ce cas-là on ne peut intervenir qu’à partir du stade 3 feuilles ou au stade tallage. L’intervention est plus difficile car les mauvaises herbes sont déjà bien implantées.

Une autre technique intéressante mais que je n’ai pas encore mise en pratique sur le blé, c’est la technique du binage, mais il faudrait un semis avec un écartement de rang d’au moins 15 cm pour pouvoir intervenir. L’action est dans ce cas très efficace sur les mauvaises herbes déjà levées et cela permet de limiter encore plus l’utilisation des produits phytosanitaires.
Je complète chimiquement, soit à l’automne, soit au printemps, en luttant soit contre les graminées, soit les dicotylédones, soit les deux à la fois.

Les intérêts :
Socio-économiques :
- Les leviers agronomiques redeviennent prioritaires, l’observation redevient la base de la décision.
-Diminution du coût de production, augmentation de ma marge brute. Sur le poste de désherbage, je réalise une économie de 10 à 30€/ha.
Environnementaux :
- Diminution de l’impact environnemental : le désherbage mécanique associé à des leviers agronomiques amont comme la rotation des cultures me permet d’avoir un IFT en baisse de 37% par rapport à la référence régionale (1.07 contre 1.72), avec l’objectif d’atteindre -50%.

Les limites :
- La météo impacte le choix des différents leviers à cause de la durée des fenêtres d’intervention nécessaires pour les interventions mécaniques
- Il faut classer par priorité les différentes interventions pour pouvoir organiser et réaliser un travail de qualité, mais cela nécessite d’avoir de la main d’œuvre disponible et du matériel performant."

Allier mécanique et chimique pour lutter contre les mauvaises herbes

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