Après la fin des quotas, le lait a de l’avenir face aux céréales

Costie Pruilh - Réussir Lait Novembre 2012

Après la fin des quotas, le lait  a de l’avenir face aux céréales
Selon le modèle, aucune exploitation de l’Ouest n’a intérêt économiquement à arrêter le lait. Question rentabilité, le lait supplante les grandes cultures dans une région à forte densité d’élevage comme l’Ouest. © C. Pruilh

Dans l’Ouest, si on leur donne la possibilité de produire plus de lait, les éleveurs devraient — d’un point de vue économique — la saisir en se spécialisant davantage et en intensifiant là où c’est possible au plan environnemental.

Pour discuter des implications potentielles de la suppression des quotas laitiers sur les choix productifs des éleveurs laitiers, Baptiste Lelyon de l’Institut de l’élevage et Vincent Chatellier de l’Inra ont développé une modélisation de type « bio-économique ». Ils ont notamment testé l’hypothèse d’un système « double volume double prix », qui donnerait la possibilité aux éleveurs de produire plus de lait (jusqu’à 30 %) que leur référence initiale (volume A), à un prix B cependant plus faible.
Les résultats issus de cette modélisation soulignent que « de nombreuses exploitations laitières de l’Ouest(1) disposent, d’une capacité à augmenter leur niveau global de production laitière (de l’ordre de 15 %) ». Non seulement la production laitière par hectare de SAU est plus faible en France que dans les pays du Nord (Allemagne, Danemark et Pays-Bas), mais les bâtiments ne sont parfois pas totalement optimisés, du fait des investissements importants passés et de l’augmentation de la productivité laitière.
Le mouvement de spécialisation des exploitations laitières dépendra cependant de l’évolution des prix de vente des produits agricoles (lait, céréales, viande bovine) et des charges. « Plus le prix appliqué au volume A est élevé, plus l’éleveur acceptera de prendre le risque de produire du lait en volume B », ajoute Baptiste Lelyon. Ce mouvement dépendra aussi des contraintes environnementales (coexistence de productions animales sur un même territoire) et des stratégies déployées à moyen terme par les transformateurs.

Des latitudes pour les systèmes extensifs

De nombreuses exploitations extensives disposent de latitudes pour augmenter la production laitière à structure constante ; elles peuvent y parvenir en augmentant le rendement laitier par vache par un recours accru aux aliments concentrés.
Dans les exploitations laitières diversifiées ayant un atelier de jeunes bovins, l’intérêt du maintien de cette activité est, du fait du découplage des primes, fortement conditionné aux rapports de prix entre productions agricoles.
Dans les exploitations de l’Ouest ayant des céréales, l’augmentation de la production laitière (si celle-ci devenait possible après 2015) peut impliquer un recul des surfaces dédiées aux cultures de vente au profit des surfaces fourragères. « S’ils peuvent produire du lait supplémentaire, les producteurs laitiers de l’Ouest auront souvent intérêt économiquement à accentuer leur niveau de spécialisation en lait plutôt qu’à développer les céréales » pointe Vincent Chatellier.

Vers une spécialisation laitière plus qu’un développement des céréales

Les choix productifs à long terme ne peuvent être guidés sur la seule base des prix favorables actuellement observés dans le secteur céréalier. « Avec des conditions pédoclimatiques moins favorables aux grandes cultures qu’ailleurs, des surfaces insuffisantes pour atteindre le seuil de rentabilité en grandes cultures, des prairies de plus cinq ans non labourables, des bâtiments d’élevage à amortir, il faudrait vraiment des prix des céréales durablement élevés par rapport au prix du lait pour faire reculer l’élevage laitier au profit du végétal », développe l’économiste.
En outre, « la rentabilité actuelle du secteur céréalier est étroitement liée aux modalités d’attribution des aides directes, lesquelles font l’objet d’un intense débat dans la perspective post-2013. Rappelons aussi que le secteur laitier permet de maintenir plus d’emplois sur un territoire donné que le secteur céréalier ; il est fréquent de constater la présence de trois emplois à temps plein dans les exploitations laitières de 150 hectares alors qu’une seule unité de main- d’œuvre suffit en grandes cultures » souligne Vincent Chatellier. 

(1) Bretagne, Pays de la Loire, Basse-Normandie.

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Commentaires 9

gutout

Voilà une bonne raison d'éviter la polémique entre céréaliers et éleveurs
Et surtout d'instaurer des prélèvements pour (dés'habiller pierre et habiller jaques , non plutot la panopli.)

boufmi

bravo a tout ceux qui ce lève tot 7j/7 levé de bouclier a tout les commentaire vide de fondement la vache a lait de la france va crever sur le pré qui l a nourri trot gracement la machine c'est embalée personne n'a pu la retenir moi le premier ,le crash va être très douloureux a bientôt si je suis encore la

bob

et c'est pour ça aussi,qu'il y a enormement de cessation laitiere,car plus y a de lait,plus la surface est importante,et le pas est vite fait de basardé le lait,nos tecknocrates,vont finir par se mordre la queue...............

geo64000

Pour la Bretagne, je partage la même analyse. Ils s'en sortiront car ils sont spécialisés. Par contre, que deviendront les zones en marges, les petits bassins laitiers où sont présentes de petites exploitations? La réponse est simple: le lait ne sera plus la bonne solution pour eux. Attention aussi à ne pas se laisser développer de trop grosses fermes qui pourraient mettre en péril certaines grandes exploitations de l'Ouest (cf Ferme des mille vaches dans la Somme)...

charlo14

ils ne se rendent pas compte de la réalité, tous a flambée ( GNR, aliments, engrais,...) et en contre partie celui du lait n'as pas suivi et donc des coûts de productions énormes qui démotivent les laitiers, qui se lève tout les jour 7/7 pour allé traire.

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