Après les inondations, les agriculteurs redoutent "la plus grande catastrophe depuis l'après-guerre"

Après les inondations, les agriculteurs redoutent "la plus grande catastrophe depuis l'après-guerre"

Plus d'un mois après les inondations, l'eau s'est retirée mais le calvaire commence pour les agriculteurs d'Île-de-France. "On va vivre la plus grande catastrophe depuis l'après-guerre", craint Nicolas Galpin au lancement de ses moissons.

A Auvernaux, dans l'Essonne, cet agriculteur de 39 ans a vu sa ferme, son stockage de blé et une partie de ses terres inondés fin mai par le ruisseau du village, qui se jette dans la Seine quelques kilomètres plus loin, en Seine-et-Marne. Sept semaines plus tard, les moissons débutent avec un défi : "ne pas enliser la moissonneuse-batteuse". Les sols ont séché en surface, mais beaucoup restent trop meubles pour supporter un engin de 15 tonnes. Les pois protéagineux qu'il vient de récolter sont trois fois moins nombreux que l'an passé. Pire, ils oscillent entre le verdâtre et le marron au lieu d'être clairs, sont anormalement petits et seront sûrement vendus avec "15 à 20% de décote", pour une consommation animale plutôt qu'humaine. Encore plus que la crue, les pluies diluviennes et l'absence de lumière en mai et juin ont ruiné ses champs, situés de part et d'autre de l'A6, "l'autoroute du soleil". "On a eu 300 mm de précipitations en l'espace de trois semaines. C'est ce qu'il tombe en six mois normalement", se désole M. Galpin, descendant de trois générations d'agriculteurs.      

'Jamais vu ça'

Lui, n'a "jamais vu ça". Résultat, les sols n'ont pas absorbé l'eau qui a formé des "mouillères", de grandes flaques stagnantes, dans les creux de l'exploitation. Au milieu de ses blés - sa plus grosse culture -, on trouve encore un trou marécageux, où l'eau a couché les épis au sol.   "Je ne récolterai pas ici", constate l'agriculteur. Il commencera la moisson du blé en fin de semaine, avec peu d'espoir: les épis encore debout qu'il broie dans sa main découvrent des grains rachitiques, atrophiés par la fusariose, un champignon friand d'humidité. "Ils ne contiennent aucune farine, il n'y a que l'enveloppe du grain. (...) C'est quasiment impossible à utiliser pour la filière meunière", résume-t-il. Cette qualité médiocre augure d'une chute des rendements en Île-de-France, où les céréales dominent largement la production agricole. Même les betteraves, à récolter en octobre, l'inquiètent. Il craint une baisse "de 20 à 30%" de leur rendement en sucre, après leur noyade. Quinze kilomètres au nord, à Tigery, Nicolas Pauwels attend que ses pommes de terre repoussent, là où il devrait normalement être en train de les ramasser. L'eau stagnante ayant étouffé nombre de pieds, ce producteur de 23 ans va perdre "20 à 30%" de sa récolte. Tout juste installé, il craint des pertes pouvant aller "jusqu'à 4.000 ou 5.000 euros l'hectare".

Faillites?

Sa ferme est heureusement adossée à un négoce de pommes de terre, qui conditionne des tubercules de toute la France pour la grande distribution. "Si on n'avait pas cette activité, je ne dormirais plus", confie-t-il.   M. Galpin table lui sur "un trou de 100.000 euros" dans ses comptes - 500 euros de pertes sur chacun des 200 hectares de son exploitation. Et ce, malgré son assurance contre les aléas climatiques. Une protection coûteuse et rare, contractée par seulement 10% des exploitants d'Île-de-France, selon la chambre d'agriculture régionale.   Au total, plus de 3.000 hectares ont été inondés dans la région, selon les différentes chambres départementales. Le conseil régional a débloqué un million d'euros pour les agriculteurs touchés, mais cet argent n'ira pas aux victimes des simples intempéries. Certains peuvent être reconnus en état de "calamité agricole", mais "la procédure est longue et incertaine", pointe Hervé Billet, le président de la chambre régionale.  Conséquences des pluies torrentielles et inondations, "il va manquer cette année 500 à 600 millions d'euros, au minimum" aux 6.000 agriculteurs d'Île-de-France, dont un tiers étaient déjà en difficulté, estime-t-il. Si les banques ne suivent pas, la région pourrait vivre des faillites, "comme on n'en a plus vu depuis les années 30", avertit-il. "Dans deux mois, je ne peux plus payer mes factures", souffle Nicolas Galpin. "On a tous le moral dans les chaussettes", dit-il, craignant "que certains se suicident".

Source AFP

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Commentaires 12

moi 49

il faut relativiser;il y a eu quand meme quelques bonnes années récemment et n'oublions d'y ajouter les dpb a 200ou voir 300e/ha :sachons ne pas toujours pleurer et restons resonable dans nos investissement qand il faut! bon courage

@hetrehumain

la msa tu crois qu'ils vont vendre les centres de vacances dont ils profitent ? tu crois que les banques vont faire un effort , j'ai un ami dans la panade sont banquier lui a donné une liste de repreneur( on peut s'inquieter du secret bancaire est ce que le banquier dit aussi combien mon ami a sur son compte? pour permettre au prepreneur de faire la meilleure affaire)

@gg

tu te trompes sur le nombre d'années de bon prix surtout qu'elle venaient apres des années de prix plus que limite , sans oublier que certaines regions regions n'ont pas profités des bons prix a cause de rendement mediocre , et que dans les zones intermediaires les 2 bonnes années n'ont servies pour beaucoup qu'a renouveler du materiel plus qu'usagés , c'est une mauvaise generalisation
par contre pas d'inquietude pour la beauce l'an dernier encore leur probleme c'etait les impots malgré les efforts de gôche baisse des cotisations msa loi macron .... rappel malgré des prix moyens la moisson de ces regions etait record l'an passé

GG

Quand on sait gérer on met de côté les bonnes années et pas tout dans la ferraille, pour faire face une année comme on est en train de vivre. Depuis 2010 on a quand même eu au moins 4 années de bons prix voir même très très bons, contrairement aux éleveurs. Voilà c'est dit.

PEPITE4990

Bonjour...en Alsace rendement pour le blé 50 quintaux...prix d'acompte 80 euros/tonne...A l'époque on avait 1200 francs/tonne...faite le calcul!!!

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