Arvalis veut réduire l’impact des phytos sans réduction drastique des doses

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Juin 2012

Arvalis veut réduire l’impact des phytos sans réduction drastique des doses
L’institut préconise de cibler prioritairement les pollutions ponctuelles, qui auraient plus d’impact que les diffuses. © Réussir/Archives

Arvalis passe à l’offensive médiatique sur le sujet de la qualité de l’eau. En avril, le chef du département des actions régionales de l’institut technique, Franck Wiacek, a affirmé lors d’une conférence de presse que la priorité devait être de traquer les pollutions ponctuelles, malgré les réglementations censées y avoir mis fin. « Nous ne pensons pas que les problèmes viennent essentiellement des pollutions diffuses comme le dit l’État. L’étude de nombreux cas, y compris à l’étranger, démontre que les pollutions ponctuelles sont les principales responsables. » Arvalis préconise donc un déploiement des diagnostics permettant d’identifier ce risque de façon rigoureuse.
L’institut technique conteste également la stratégie de baisse des apports de produits phytosanitaires prônée par l’État. « Bruxelles demande de réduire l’impact des produits phyto sur l’environnement, ce que la France a traduit par diviser par deux l’utilisation des pesticides, regrette Franck Wiacek. Ce faisant, on ne prend pas en compte les caractéristiques du produit, les périodes d’application, l’effet du climat et du travail de sol, au risque d’obtenir des résultats très limités. »

« L’agriculture intégrée n’est pas l’avenir »

Revendiquant le « produire plus et mieux », l’ingénieur s’est livré à une charge contre le système de conduite intégrée. « Pour nous, ce n’est pas l’avenir, car c’est un système tordu. Établir un itinéraire technique en acceptant dès le départ de brider le rendement, c’est prendre les choses à l’envers. Il faut travailler au potentiel de la parcelle. » Pour porter la bonne parole, Arvalis vient d’éditer les guides Produire plus et mieux, solutions concrètes pour réduire l’impact des produits phytosanitaires, développant ses préconisations dans le domaine de la protection de l’utilisateur, des équipements et de la lutte contre les bioagresseurs. Ces guides, déclinés par région pour s’adapter aux agricultures locales, seront très largement distribués, notamment via les organismes collecteurs.

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Commentaires 1

orlmarc

Quelle étroitesse d'esprit ! Le rendement est bien loin d'être le seul critère à prendre en compte. Les rendements sont certes légèrement plus faibles en production intégrée, mais quand on sait toutes pertes et gaspillages de production agricole qui ont lieu à tous les niveaux, il n'est nullement nécessaire de chercher à produire toujours plus. D'autant plus que ce n'est pas en produisant plus en Europe que l'on résoudra les problèmes alimentaires dans les pays du sud.
L'agriculture est intégrée est l'avenir, parce que toutes les expérimentations conduites depuis 30 ans, dans le monde entier, montrent qu'elle permet de réduire de 40 à 50% l'utilisation des phytos tout en améliorant la marge pour l'agriculteur. Si l'on prend aussi en compte la réduction de l'exposition aux pesticides des salariés agricoles, la réduction de la pollution des eaux, moins d'impacts sur la biodiversité, les pollinisateurs etc etc, les bénéfices de l'agriculture intégrée dépassent largement ceux d'une agriculture actuelle très consommatrice de pesticides (qui ne profite qu'aux industries phytos et aux distributeurs intermédiaires).

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