Betteraves : une récolte 2012 pénalisée par les intempéries

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Betteraves : une récolte 2012 pénalisée par les intempéries

Alors que s’ouvre aujourd’hui l’assemblée générale des producteurs de betteraves (CGB), à Paris, les perspectives de récolte pour cette campagne sont moyennes, du fait d’une année climatique très difficile. 1.500 ha étaient encore sous les eaux la semaine dernière dans le Nord-Pas-de-Calais.

Après une production record en 2011, la CGB prévoit cette année une récolte moyenne, avec un rendement évalué à 86 t/ha à 16°, soit 3 tonnes en dessous de la moyenne des cinq dernières années. Un résultat qui s’explique avant tout par une année climatique très compliquée. En effet, si les semis se sont déroulés sans difficultés, les épisodes de manque d’ensoleillement, de sécheresse, puis d’excès d’eau qui ont suivi, ont été défavorables au développement de la plante.

«50 ha n’ont toujours pas été récoltées en Seine Maritime et 1.500 ha sont encore sous les eaux dans le Nord-Pas-de-Calais », confirmait vendredi dernier  Alain Jeanroy, directeur de la CGB, qui précise qu’il a plu en deux mois dans cette région l’équivalent d’une année de précipitations. Pas de panique toutefois, puisque les usines tourneront jusqu’à début janvier et que la météo s’améliore désormais. Des outils à chenilles ont été rapatriés dans la zone littorale du Nord-Pas-de-Calais  pour aider à finir la campagne.

33MT récoltées contre 37 Mt en 2011

Ces conditions humides ont, de ce fait, provoqué une hausse de  la ‘tare-terre’ évaluée en moyenne à  13%  (contre 9%  l’an passé). Le rendement sucre blanc serait quant à lui en baisse à environ  12,6 tonnes par hectare.

Avec 385.500  hectares de betteraves cultivées en France par 26.000 planteurs, le tonnage récolté est évalué à un peu plus de 33 Mt, loin du record de 37 Mt atteint l’an passé. Une production qui reste toutefois « importante ». «Il y a vingt ans, il nous fallait 600.000 hectares pour produire le même volume» fait remarquer le directeur de la CGB. Un tonnage qui ne devrait pas poser de problèmes en matière d’écoulement de la marchandise : 20,3 Mt en Quota pour le sucre alimentaire et 12,8 Mt Hors Quota (alcool, éthanol, industrie chimique et exportations).

Des revenus en baisse

Lors de la campagne précédente,  il a fallu écouler 7Mt de betteraves supplémentaires, Hors Quotas. 4,1Mt ont été commercialisées  sur le marché export (grâce à des droits exports  2010 non utilisés), 1Mt a été remis sur le marché européen sur décision de la Commission Européenne et 1,9 Mt a été commercialisé sous quota DOM. « Preuve que le règlement sucre fonctionne et propose tous les outils pour s’adapter aux diverses situations qu’elles soient excédentaires ou déficitaires » explique le président de le CGB.

En termes de revenu, compte tenu du niveau de prix du sucre sur le marché de l’UE, les prix de la betterave du quota seront en augmentation. Cela se traduira par le versement d’un supplément de prix au printemps 2013,  en plus du prix minimum garanti (25 €/t de betteraves). En mars 2012, les betteraviers s’étaient vu verser un supplément de 2,47 € au titre de la récolte 2010.  Une situation favorable en matière de prix de betteraves mais pas forcément en matière  de revenu du fait de la diminution des rendements et de la hausse des coûts de production.  La  recette  2012 est évaluée à 2.000 € /ha, soit 10% de moins qu’en 2011, mais restera supérieure à la moyenne des cinq dernières années.

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Commentaires 1

youpi

apres on dit que les paysans se plaignent.... j'en ai entendu reclamer des primes pour les couts supplementaire d'arrachage ou perte, les betteraviers se sont gavés pendant des decennies ils pourraient en pas l'a ramener

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