Betteraves : une récolte 2013 difficile

S C

Betteraves : une récolte 2013 difficile

A l'occasion de leur assemblée générale qui s'est tenue mardi 10 décembre, les planteurs de betteraves sont revenus sur les faits marquants de la difficile campagne 2013. Une filière qui, malgré les incertitudes, met résolument le cap vers 2017, année de la fin des quotas.

Des semis tardifs et un printemps froid ont mis à mal la production de betteraves sucrières cette année en France. Le rendement annuel est aujourd’hui évalué à 84 t/ha, loin derrière les 100 t de 2011 mais aussi sous la moyenne des cinq dernières années (89,5 t/ha).

Du fait d'une légère progression des surfaces, la production devrait toutefois se situer autour des 32 millions de tonnes avec un niveau de richesse à 17,65, inférieur à celui de l'an passé (supérieur à 18), lié au manque d'ensoleillement. Les surfaces en betteraves occupent aujourd'hui un peu plus de 390.000 ha en France. A noter que la surface betteravière s'élevait à plus de 600.000 dans les années 80 pour la même production de sucre qu'aujourd'hui !  Ces betteraves sont destinées essentiellement au marché sucrier européen (22 Mt) et à la production d'alcool et d'éthanol (7,5 Mt).

Un revenu moyen en retrait

Au niveau du prix, les planteurs ont bénéficié des prix élevés du sucre en 2012 sur le marché de l'UE. L'accord interprofessionnel prévoit en effet un partage entre planteurs et fabricants de l'écart entre le prix de marché européen et le prix de référence du sucre. Cela s'est traduit par le versement d'un supplément de prix, en mars 2013,  pour la betterave du quota de la récolte 2011 de 11,24 €/t. Un supplément qui devrait s'élever à 14 €/t pour la récolte 2012 (versé en mars 2014). Malgré cette conjoncture favorable, la baisse des rendements  et la baisse des prix des betteraves du quota et hors quota en 2013 devrait se traduire par une baisse de la recette à l'hectare pour la deuxième année consécutive. Quant aux coûts de production, ils poursuivent leur hausse en 2013. Le revenu moyen 2013-2014 sera donc également en retrait par rapport aux deux campagnes précédentes.

Un marché mondial en baisse

Sur le marché mondial, la baisse des prix du sucre entamée en 2012 se confirme en 2013 du fait d'un bilan mondial production/ consommation excédentaire. Un excédent qui devrait toutefois se réduire de moitié pour la campagne 2013-2014 (4 MT au lieu de 8 Mt). "A ce niveau de prix (380 €/t de sucre, soit 21€/t de betteraves), la production de l'Union européenne n'est pas encore compétitive sur le marché mondial" précise la CGB dans son rapport d'activité.

La filière s'organise donc pour augmenter sa productivité et gagner en compétitive car dès 2017, le régime des quotas sera supprimé. La profession plaidait en effet  pour une fin des quotas en 2020 mais Bruxelles en a décidé autrement. "Ce changement doit être vu plutôt comme une opportunité et pas seulement comme une contrainte" annonce avec optimisme Eric lainé, président de la CGB.

Trois récoltes avant la fin des quotas

Il ne reste plus que trois récoltes pour se préparer à cette nouvelle échéance qui marque la suppression des quotas et la fin du prix garanti de la betterave. « Les producteurs vont devoir apprendre à vivre dans un contexte de plus grande volatilité des prix », explique Alain Jeanroy, directeur de la CGB. Le point positif est qu'il n'y aura plus de limite à l'exportation. Reste à savoir à quel prix cela sera intéressant d'exporter. Eric Lainé se réjouit toutefois d'avoir réussi à  préserver le système d'organisation de la filière. Ainsi,  le dispositif interprofessionnel et contractuel qui s'applique aujourd'hui sera maintenu.

Les planteurs de betteraves sont 26.000 en France, réalisant un chiffre d'affaires cumulé d'un milliard d'euros par an environ.  La France est le premier producteur européen de sucre et le premier producteur mondial de sucre de betterave.

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier