Biotechnologies : Un Haut Conseil pour décider du sort des OGM

Christian Gloria

Le Grenelle de l'environnement a accouché du Haut Conseil des biotechnologies. La nouvelle structure est attendue au tournant dans ses avis sur les OGM.

C'est une des premières retombées concrètes du Grenelle de l'environnement. Le 22 avril, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie et Chantal Jouanno, secrétaire d'État à l'Écologie ont lancé le Haut Conseil des biotechnologies (HCB) en nommant officiellement la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, à sa tête. La nouvelle structure sera chargée d'évaluer les biotechnologies en général et les OGM en particulier. Elle reprend en ce sens les missions d'évaluation de feu les commissions du génie génétique et du génie biomoléculaire. Composée d'une majorité de scientifiques, celles-ci étaient jugées trop partiales en faveur des OGM. Cette fois-ci, le HCB comporte aussi bien des experts scientifiques que des représentants de la société civile pour apporter un avis sur les conséquences sociétales de certaines prises de décision.

Définir le sans OGM

« Nous espérons que la question des OGM sera abordée enfin de manière apaisée, communiquent conjointement Gnis, Oléosem, Seproma et UIPP. Nous souhaitons vivement que la nouvelle autorité contribuera à apporter au gouvernement tous les éléments nécessaires pour que se concrétise enfin le libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM. » Une question en suspens est effectivement : y a-t-il une chance en France de revoir autorisée la culture de plantes transgéniques en plein champ ? On imagine à l'avance les confrontations qu'engendrera une telle question quand elle sera posée entre les quelque 63 membres du Haut Conseil. Certains s'affichent clairement pro-OGM, d'autres anti-OGM…
Le HCB s'est réuni pour la première fois le 12 mai et devait apporter son analyse sur la définition du « sans OGM ». En fait, la réunion s'est résumée à une prise de contact entre les membres et le règlement d'affaires purement administratives. La discussion sur le « sans OGM » commencera véritablement à la prochaine réunion programmée le 18 juin et portera sur les seuils marquant la frontière entre ce qui sera considéré « sans OGM » ou « à base d'OGM » que ce soit sur les semences, les cultures, les produits finis…

Catherine Bréchignac présidente du HCB (Haut Conseil des biotechnologies). (C. Gloria)

Catherine Bréchignac présidente du HCB (Haut Conseil des biotechnologies). (C. Gloria)

 

À l'échelle de l'europe

Gageons que la présidente du HCB saura faire avancer les débats. Spécialiste de physique atomique, Catherine Bréchignac se désigne elle-même comme une citoyenne à part entière dans son engagement au sein du Haut Conseil. Elle n'a pas de parti pris connu sur les OGM. C'est ce qui était recherché pour la présidence du HCB. Au sein du CNRS, Catherine Bréchignac est reconnue pour son intégrité. « Je serai intransigeante sur l'indépendance par rapport aux politiques et aux industriels. Mais qu'il y ait des avis contradictoires ne me dérange pas. Je suis capable de travailler avec tout le monde », assurait-elle dans les colonnes du Figaro.
Jean-Louis Borloo veut porter l'expertise à la française du HCB à une échelle européenne, remettant en cause en particulier les avis portés par l'EFSA(1) sur les OGM. Les derniers revirements sur les cultures transgéniques vont dans son sens. Divers pays européens se rebiffent contre la Commission européenne et la volonté de celle-ci d'imposer la culture de plantes transgéniques. L'Allemagne est en tête de la contestation, en interdisant à son tour le maïs MON 810. L'expérience française fait des émules.

(1) Autorité européenne de sécurité des aliments.

Source Réussir Grandes Cultures Juin 2009

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