Blé : des protéines, toujours plus de protéines !

S C

Blé : des protéines, toujours plus de protéines !

Depuis quelques mois la filière céréalière française se mobilise pour faire prendre conscience aux agriculteurs de l’importance du taux de protéines dans les blés. Arvalis-institut du végétal organisait un colloque la semaine dernière pour sensibiliser les exploitants sur ce sujet et leur donner des clefs pour booster la concentration protéique des grains.

Que ce soit en alimentation animale, en amidonnerie ou en alimentation humaine, les acheteurs de blé sur le marché intérieur sont de plus en plus attentifs à la teneur en protéines des blés. Dans la boulangerie, cette demande s’est notamment accrue du fait de la mécanisation croissante des procédés de panification et de la surgélation des pâtes.

Quantité de protéines : un critère simple et économique pour comparer les offres

Côté export, une bonne teneur en protéines  est aujourd’hui exigée  dans presque tous les cahiers des charges aussi bien des  acheteurs de  l’Union-Européenne que des pays tiers.  Pour des raisons qualitatives bien sûr, mais aussi  parce que la quantité de protéines dans les blés  est le critère  le plus simple et le moins couteux  pour comparer les offres des différents pays.  

Alors,  même si certains spécialistes mettent  aussi l’accent sur l’importance de la qualité des protéines des blés, il n’y a plus débat : la concentration protéique est devenue LE critère commercial numéro un pour accéder à la plupart des marchés, de l’export notamment (soit 40 à 45% du blé tendre français).

teneur en protéines

Or, depuis quelques années,  les blés français  pèchent par un défaut de protéines. Nos voisins allemands mais aussi les producteurs de  la mer Noire, voire du canada, font mieux que nous dans ce domaine. « Nous sommes sur des moyennes de 12,5 à 13% en Allemagne, alors qu’en France la moyenne pluriannuelle est de 11, 6% et 50% des producteurs sont sous la barre des 11,5% » explique Perrine Moris d'Arvalis.  Des variations essentiellement liées à des différences de climats entre ces pays. L’impact météo est donc prépondérant.

Objectif : plus de  11,5 %

Les agriculteurs français  disposent toutefois de marges de progression pour augmenter la teneur en protéines des grains et arriver à l’objectif voulu par la filière, soit plus de 11,5%.  Ils peuvent, pour cela,  jouer essentiellement sur deux critères : le choix variétal et la nutrition azotée de la culture. « 80% de l’azote des grains est absorbée entre les stades épi 1cm et la floraison  et cet azote sera remobilisé à 85% dans les grains », explique Pierre Martre de l’Inra. D’où l’importance de se soucier très tôt de la fertilisation azotée.

Pour Arvalis, la meilleure recommandation consiste à utiliser des outils de pilotage (logiciels, Outils d’Aide à la Décision, …) qui permettent d’ajuster l’apport en azote des plantes et de le fractionner en tenant compte du milieu (climat, type de sol,…), de l’année et de l’état de la culture sans avoir d’impact négatif sur l’environnement.  Les enquêtes de l’Institut technique indiquent que seules 15 à 20% des parcelles de blé tendre sont conduites de la sorte en France.

A quand le blé symbiotique ?

En matière variétale, la démarche commence par le choix d’une variété présentant un bon compromis rendement /teneur en protéines. Il existe en effet une relation négative entre ces deux critères. Mais pour un même niveau de rendement, certaines variétés valorisent mieux l’azote et affichent des teneurs en protéines plus élevées que d’autres. L’enjeu du choix variétal est estimé à +/- 0,7% de protéines. « Pour atteindre des teneurs en protéines beaucoup plus élevées, il est nécessaire d’accepter des rendements parfois plus faibles » précise les experts d'Arvalis.

En matière d’innovation variétale, des chercheurs étudient les gènes qui seraient impliqués dans la synthèse de ces protéines et les interactions avec le milieu dans un contexte de changement du climat. Plus prospectifs encore, certains travaux explorent la possibilité d’obtenir un blé symbiotique, celui qui, comme les légumineuses, capterait l’azote de l’air pour assurer la synthèse de protéines dans le grain...

Pour en savoir plus : http://www.arvalisinstitutduvegetal.fr/_plugins/WMS_BO_Gallery/page/getElementStream.html?id=23905&prop=file

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