Blé tendre et orge d’hiver fortement touchés dans les régions les plus froides

En Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne, les surfaces de céréales d’hiver affectées par le gel sont importantes.

Contrairement aux premières évaluations faites il y a quelques semaines, il semblerait que les blés durs soient relativement peu touchés par la vague de froid. Par contre, les cultures de blé tendre et d’orge d’hiver ont été très fortement touchées dans certaines zones, reconnait Arvalis-Institut du Végétal.

Seuil de retournement : autour de 100 plantes/m²

De manière générale, en blé tendre, on évalue à 100 plantes par m² le peuplement nécessaire pour garder la culture en place (seuil légèrement plus faible -80 plantes- en sols profonds, et plus élevé -120-150 plantes- en sols superficiels et caillouteux). Ceci tient compte des capacités de rattrapage des plantes (reprise du tallage, système racinaire en place et fonctionnel), mais aussi d’un surcoût engendré par le remplacement de la culture.En d’autres termes, il est en général plus rentable économiquement de laisser en place une culture dégradée par le gel, dont le potentiel de rendement sera amoindri de 5 ou 10% mais qui peut repartir rapidement compte tenu de son enracinement acquis, que d’engendrer de nouvelles charges en implantant une culture de printemps, au rendement lui-même réduit, et plus sensible aux accidents climatiques de deuxième partie de cycle. Il est important de vérifier l’état d’enracinement de la culture, car c’est lui qui soutiendra le rattrapage de la culture dans les mois à venir (accès à l’eau et à l’azote en particulier). Si un re-semis s’impose, il sera nécessaire de s’orienter vers des variétés alternatives ou de printemps.

Après la vague de froid de février, selon l’intensité du gel, la présence de neige, les espèces et variétés mises en place et le stade des cultures lors de l’arrivée du froid, on peut s’attendre à de fortes disparités régionales de dégâts aux cultures, explique Arvalis  dans un communiqué. 

En dehors de la Bretagne et du pourtour méditerranéen, l’ensemble du territoire a en effet connu des températures minimales inférieures à -8°C, voire -10°C, mais certaines zones ont enregistré des -18°C à -20°C. A l’opposé, la couverture neigeuse n’a quasiment pas concerné la moitié Est du territoire.

Quel impact sur les cultures ?

Les blés durs seraient relativement peu touchés, car ils sont majoritairement présents dans des secteurs protégés par la neige ou dans des milieux où la température n’est pas descendue très bas. Les seuls départements très pénalisés sont le Cher et le Loiret. Il faut noter que les sensibilités variétales au froid ont fortement conditionné le niveau de dégâts. En zones Ouest et Sud, les destructions totales de cultures seront sans doute très limitées, mais la quasi-totalité des parcelles ont plus ou moins été touchées par le gel ; les conséquences sur le rendement final sont difficiles à évaluer.

Des besoins de re-semis localement forts

A l’inverse, les cultures de blé tendre et d’orge d’hiver ont pu être très fortement touchées dans les zones les plus froides ; en Bourgogne, Lorraine et Champagne-Ardenne, les surfaces de céréales d’hiver affectées par le gel sont importantes, et les besoins de re-semis sont localement forts (>20-30%). Les facteurs de variation sont : l’exposition des parcelles, la variété, le niveau de développement. De même, dans l’Est de la région Centre (Loiret, Cher), les variétés sensibles ont été sérieusement touchées. Sur le reste du territoire, les dégâts sont beaucoup plus limités, et souvent liés à des défauts de conduite (semis trop précoces, choix de variétés trop sensibles, apports d’azote trop précoces).

Parmi les cultures de moindre ampleur qui ont pu être affectées, Arvalis cite les protéagineux d’hiver (indemnes à l’Ouest mais souvent détruits à l’Est), et les orges de printemps semées en automne (détruites en l’absence de neige).

Les conditions actuelles seraient toutefois plutôt favorables à une limitation des dégâts : pas d’alternance gel-dégel, pas de vent desséchant qui viendrait à faire perdre leur eau aux cultures, pas d’excès d’eau outre-mesure autre que la fonte de la neige.

Plus d’informations sur www.arvalis-infos.fr

Source Arvalis-Institut du Végétal

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Commentaires 2

Vertumne

Pour le colza ,on observe des reprises de végétation mais qui ce font sur les réserves de la plante.Quand on regarde correctement ,un léger trait fin de couleur brunâtre apparaît sous le bourgeon terminal ,caractéristique du colza gelé.Apres avoir fait le tour de la plaine ,je pense que les degats seront très importants et de nombreuses parcelles devront être remplacées ,environ 30%.A suivre...

vertumne

Arvalis est dans le monde des bisounours en n annonçant que si peut de dégâts dans les régions touchées par le gel .De plus il va y avoir une très mauvaise surprise dans les colzas .Les pertes en blés seront de 10 millions de tonnes au minimum pour l Europe . À suivre ...

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