Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles : Mélanges de variétés : quels avantages en attendre ?

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Ce mois-ci dans Perspectives Agricoles : Mélanges de variétés : quels avantages en attendre ?

Mélanges de variétés : quels avantages en attendre ? Le champ d’application des mélanges de variétés à l’échelle de la parcelle reste encore à déterminer. Josiane Lorgeou, responsable du pôle variétés, génétique et semences chez ARVALIS - Institut du végétal précise l’état des connaissances sur ce sujet.

Perspectives Agricoles : Quels sont les résultats des expérimentations menées sur les mélanges ?

Josiane Lorgeou : ARVALIS – Institut du végétal a introduit, durant trois campagnes (de 2010 à 2012) dans ses essais de comparaison des variétés de blé tendre et de blé dur, des mélanges de quatre variétés, constitués selon les recommandations de l’INRA. Tant en modalité bien protégée vis-à-vis des maladies qu’en non traité, les résultats n’ont pas montré de différence significative de rendement entre les mélanges et la moyenne des quatre variétés les composant. Sur le plan de la qualité technologique (protéines et panification), le constat est identique.

P.A. : Les mélanges de variétés apportent-ils un gain de rusticité ?

J.L. : Les tests des années 2010 à 2012 ont porté sur 117 essais en micro parcelles de variétés de blé tendre dont les rendements en situation traitée variaient de 45 à 110 q/ha. Cette variabilité de rendement traduit des stress divers, dont le stress hydrique. Quels que soient les niveaux de rendement, ces essais n’ont pas mis en évidence d’écart entre les mélanges et la moyenne des variétés « pures » entrant dans la composition de ces mélanges. Autrement dit, même dans les milieux les plus limitants, les mélanges de variétés n’ont pas extériorisé un avantage de stabilité qui aurait pu leur être attribué.

P.A. : Les producteurs ont-ils un intérêt à opter pour des mélanges de variétés ?

J.L. : Nos essais ont montré un effet neutre des mélanges sur le rendement, la nuisibilité de la septoriose et la qualité du blé. Concernant la rouille jaune, des expérimentations de l’INRA en 1995 concluent à un effet bénéfique des mélanges. Ces derniers seraient d’ailleurs utilisés dans le nord-ouest des États-Unis. Mais, nous n’avons pas observé ce phénomène dans nos essais, les années 2010, 2011 et 2012 étant peu, voire pas, affectées par la rouille jaune. Concernant la rouille brune, les essais du réseau blé tendre de la zone Sud et du réseau blé dur, plus concernés par cette maladie, n’ont pas non plus montré de différence significative de rendement et de nuisibilité entre les mélanges et la moyenne des variétés « pures ». Sur le plan de la mise en œuvre des mélanges, le choix des variétés n’est pas aisé : quelles caractéristiques complémentaires retenir entre les variétés ? De plus, les connaissances génétiques actuelles ne permettent pas d’identifier les mécanismes de résistance à différents pathotypes à valoriser.

P.A. : Quelles sont les orientations des recherches actuelles ?

J.L. : Rappelons tout d’abord que, pour des raisons agronomiques (précédent cultural, dates de semis, précocité…), de débouchés et d’introduction progressive des nouveautés, les agriculteurs utilisent plusieurs variétés sur leurs exploitations. Il existe donc déjà une mosaïque variétale dont les effets sur d’éventuels ralentissements de contournement de résistances aux rouilles sont actuellement étudiés par l’INRA, avec la participation d’ARVALIS – Institut du végétal. La recherche de gammes de variétés qui permettent de stabiliser au mieux les rendements à l’échelle de l’exploitation est aussi un axe de recherche de l’institut.

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