Céréaliers: la Coordination rurale manifeste pour faire entendre sa voix

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Céréaliers: la Coordination rurale manifeste pour faire entendre sa voix
© Coordination rurale

Une centaine de paysans de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, ont manifesté mercredi devant le siège parisien d'Intercéréales, pour être intégrés au sein de cette interprofession et peser dans le plan de filière présenté après les états généraux de l'alimentation, a constaté un journaliste de l'AFP.

"C'est la dernière interprofession où on n'est pas", a déclaré le président du syndicat Bernard Lannes lors d'un point de presse organisé devant le bâtiment. "L'Europe impose 70% de représentativité syndicale", a-t-il fait valoir, rappelant que son syndicat a obtenu environ 24% des suffrages, toutes filières confondues, lors des dernières élections des chambres d'agriculture.

Une délégation des manifestants, coiffés de casquettes jaunes aux couleurs du syndicat, a été reçue pendant plus de deux heures et demi par le vice-président d'Intercéréales, Philippe Pinta, par ailleurs cultivateur dans l'Aisne et président de l'AGPB (producteurs de blé). Le syndicat a réclamé deux sièges au sein du Conseil d'administration d'Intercéréales. "Cette proposition sera présentée au conseil d'administration de juin prochain", a déclaré M. Lannes à l'AFP, à la sortie de la réunion.

La Coordination rurale a également exposé ses griefs quant au plan de filière présenté au gouvernement au nom des céréaliers, dans le cadre des états généraux de l'alimentation. "Le plan de filière céréales n'a été fait que par un seul syndicat, la FNSEA", a déclaré M. Lannes, critiquant "la vocation exportatrice" de la France mise en avant dans ce plan.

"Exporter du blé à 140 euros la tonne aujourd'hui, pour attaquer des marchés sur lesquels on ne sera jamais compétitifs, les agriculteurs n'en peuvent plus, c'est une folie destructrice", selon M. Lannes. "On est en train de crever, on veut seulement dégager un revenu", a expliqué pour sa part Maximilien Vangeon, agriculteur en Eure-et-Loir. "On nous demande d'exporter à 140 euros la tonne, avec les charges françaises, ce n'est pas possible", a-t-il ajouté.

Des déclarations confortées le jour-même par l'organisme public FranceAgriMer, qui a pour la énième fois revu à la baisse les objectifs d'export de la France vers les pays tiers (hors UE), conséquence de la terrible concurrence imposée notamment par les pays de la région de la mer Noire, Russie en tête.

"Reprenons notre autosuffisance en céréales et en protéines, il manque en Europe 1,5 fois la production française" (toutes céréales confondues), a estimé M. Lannes, qui réclame un meilleur prix payé aux céréaliers français, pour une meilleure prise en compte de la matière première dans le prix de la baguette de pain, par exemple.

Les céréaliers de la Coordination rurale estiment qu'ils ont d'autant plus le droit de faire entendre leur voix qu'ils payent la "CVO" ou cotisation volontaire obligatoire, acquittée par les paysans sur les céréales qu'ils vendent, afin de financer l'interprofession.

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