Commerce des céréales : Le monde croule sous le blé fourrager

Nicole Ouvrard

Le continent européen a récolté des volumes colossaux de blé, dont une grande part se retrouve classée en blé fourrager. Même si la qualité de son blé est correcte, la France devra

Bonne récolte, bonne qualité et bons prix. Le millésime 2008 en céréales à paille se présentait sous les meilleurs auspices. Mais les prix ont subi une correction par rapport à la fin de campagne 2007-2008. Comment vont-ils évoluer dans les mois à venir ? Faut-il vendre tout de suite ou prendre son temps ?

Pour décrypter ce démarrage de campagne commerciale, nous vous invitons à prendre un peu de hauteur en brossant le contexte mondial. La campagne commerciale 2008-2009 se caractérise par une production mondiale, toutes céréales, à 2,4 milliards de tonnes, un record absolu grâce à la fois à des augmentations de mise en culture et à des conditions climatiques particulièrement favorables, sauf dans les pays du Moyen-Orient.
Sur le continent européen, la production est excellente en volume. Elle l'est moins en qualité.
Des volumes considérables de blé se retrouvent classés en blé fourrager. C'est notamment le cas dans les pays du nord de l'Union européenne et sur le pourtour de la mer Noire. À cela s'ajoute une excellente récolte en orge. Quant au maïs, les craintes du printemps dernier sur le continent nord-américain se sont envolées, et l'on s'attend aussi à de très bonnes récoltes en Europe, y compris pour les pays du Danube qui avaient subi un sérieux revers l'an passé.



Tout au long de la campagne, on assistera à des arbitrages de prix entre le blé tendre, le maïs et l'orge. (S. Randé)

Tout au long de la campagne, on assistera à des arbitrages de prix entre le blé tendre, le maïs et l'orge. (S. Randé)

Blé tendre, orge, maïs… Cette année, ces trois céréales vont convoiter plus que d'habitude le même marché : celui de l'alimentation animale, ce qui explique l'orientation à la baisse des cours. Tout au long de la campagne, il y aura des arbitrages permanents de prix entre les trois céréales. Car, au gré des évolutions, les fabricants d'aliments européens feront jouer la concurrence. Pour autant, on peut déjà affirmer que ces derniers importeront moins de maïs que l'an passé et augmenteront leurs utilisations en blé tendre, plus compétitif.

Quant au blé meunier, la France se targue d'une qualité répondant à la demande : sur les 37 millions de tonnes de blé récoltées, 20 millions de tonnes correspondent à du haut de gamme classe E et 1) et 14 millions de tonnes à des blés de bonne qualité internationale (classe 2). Ce sera, cette année, un atout majeur à l'exportation vers les pays tiers, notamment face au rouleau compresseur que représente l'Ukraine. Sur le début de la campagne, la France, tout comme l'Union européenne, se défend très bien. Au 10 septembre, la Commission avait délivré à la France des tirages de certificats à l'exportation
pour 1,6 million de tonnes de blé et 3,6 millions de tonnes pour l'ensemble de l'Union européenne, un record depuis quinze ans. Mais, pour exporter les quelque 8 millions de tonnes de blé tendre français vers les pays tiers, il va falloir reconquérir de nouveaux marchés, notamment l'Égypte et l'Iran. L'affaire est en bonne voie pour l'Égypte.


Pour en savoir plus :

Voir dossier de Réussir Céréales Grandes Cultures d'octobre 2008 (RCGC n°218, p. 31 à 40)

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Octobre 2008

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