Conjoncture / Crise : Retour à la case intervention

Gabriel Omnès

Le cours de l'orge s'est effondré, avant de se stabiliser au niveau du prix d'intervention, à peine au dessus de 100 euros la tonne.

Dur retour sur terre pour l'orge de mouture. Après une descente par paliers entamée en octobre 2007, alors que la cotation rendu Rouen dépassait 260 euros la tonne, la fourragère a vu sa chute s'accentuer à partir de septembre, pour ne s'arrêter qu'une fois atteint le niveau de l'intervention, en novembre.

L'orge pâtit en Europe de la forte compétition entre les différentes espèces fourragères, accentuée par la pression de la récolte ukrainienne. (S. Randé)

L'orge pâtit en Europe de la forte compétition entre les différentes espèces fourragères, accentuée par la pression de la récolte ukrainienne. (S. Randé)

Concurrence dans l'aliment

Il faut dire qu'au sein du club des céréales destinées à l'alimentation animale, la concurrence est rude. « Si l'on additionne le blé tendre, le maïs et l'orge, on aboutit à un stock de report français de 9 millions de tonnes, ce qui est un niveau élevé », soulignait Rémi Haquin, président du conseil spécialisé céréales de l'OniGC début décembre.
Sans compter que la vieille Europe subit les assauts des importations en provenance de l'Est. « Et il reste beaucoup d'orge à exporter au départ de la mer Noire », avertit un trader chez In Vivo.
Le bilan excédentaire de l'orge est à mettre sur le compte d'une forte disponibilité. La collecte nationale approche 10 millions de tonnes, soit 2,3 millions de tonnes de plus que l'an passé. Les utilisations, elles, ne progressent pas dans la même mesure. L'alimentation animale française devrait accroître son recours à l'orge d'environ 300 000 tonnes par rapport à 2007-2008, mais les exportations affichent un net recul, surtout sur pays tiers.
La demande des pays structurellement acheteurs, comme les états du Moyen-Orient, n'est pourtant pas en berne.

Offre ukrainienne

Mais il est difficile pour l'origine européenne de « calculer » face à une offre ukrainienne abondante et favorisée par la forte dévaluation de la monnaie locale.
L'écart devrait encore se creuser entre les cours européens stoppés par le plancher de l'intervention et les autres origines ne disposant pas de cette protection. « De plus, avec la forte baisse du fret, nous ne sommes plus protégés sur certaines destinations de proximité comme c'était le cas auparavant », ajoute-t-on chez In Vivo. L'OniGC prévoit ainsi des exportations françaises rognées de plus de 500 000 tonnes.
La situation est pire encore pour les pays de l'Union européenne les plus enclavés, qui voient leur prix accuser le coup de façon plus marquée.
Les 38 000 tonnes mises à l'intervention à la mi-décembre ne constituent donc pas une surprise. C'est désormais cet exutoire qui empêche les cours de s'enfoncer sous la ligne des 100 euros la tonne. La question est de savoir ce qui se passera dans pareil contexte à partir de l'année prochaine, lorsque l'intervention sera supprimée pour cette céréale.

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Janvier 2009

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