Coop de France : La coopération fait son analyse

Nicole Ouvrard

Publication d'un ouvrage sur son fonctionnement, séminaire sur les « associés coopérateurs »... Coop de France planche sur son fonctionnement et les relations avec les coopérateurs.

Dans leur ouvrage commun, Les défis du capitalisme coopératif, Georges Lewi, directeur du Centre d'expertise de la marque et consultant pour Copp de France, et Pascal Perri, économiste, vantent les mérites du modèle coopératif à la française.
Selon eux, les principes qui érigent le fonctionnement coopératif « s'opposent aux dérives pointées par la crise financière, économique et peut-être morale des années 2008-2010 » : les principes de démocratie, d'égalité, de solidarité entre coopératives, l'attachement au territoire, l'indisponibilité des réserves financières, la prise de risques raisonnée…

Ouvrage commun de Georges Lewi et Pascal Perri. Préface de Philippe Mangin, président de Coop de France. Éditions Person. 224 pages, 19 euros. (DR)

Ouvrage commun de Georges Lewi et Pascal Perri. Préface de Philippe Mangin, président de Coop de France. Éditions Person. 224 pages, 19 euros. (DR)

Tour d'ivoire

Pour autant, les coopératives ont de lourds défis à relever, notamment autour de la gouvernance. En s'engageant de plus en plus dans la transformation des produits, « les coopératives se retrouvent en relation directe avec les consommateurs qui achètent leur viande, leur lait et leurs produits laitiers, leur pain… Agissant sur un marché concurrentiel, elles doivent développer les stratégies qui vont leur permettre de conforter leur position commerciale, sans jamais perdre de vue l'intérêt des adhérents ». Pas simple !
Certains adhérents ont la sensation que la structure ne fonctionne que pour elle-même. Une enquête réalisée en Midi-Pyrénées auprès d'une cinquantaine de coopérateurs montre que le lien entre coopérative et adhérents se distend ou même se rompt.
Les agriculteurs ne voient plus d'intérêt à s'impliquer dans le fonctionnement de la structure. « La coopération agricole est restée dans sa tour d'ivoire », a reconnu Dominique Olivier, directeur de la Sicaseli (une coopérative du Lot) lors d'un séminaire de Coop de France sur ce sujet. Pour recréer ce lien, des pistes ont été lancées : décrypter les comptes de la coopérative en petits groupes, permettre aux adhérents d'être actionnaires dans les outils industriels, sortir de l'anonymat et mieux valoriser les hommes.

Source Réussir Grandes Cultures Novembre 2009

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