Cultures : 2010 : l'année de la relance des protéagineux

SC

Après des années de vaches maigres, 2010 pourrait être l'année de la relance des cultures protéagineuses en France. Les chambres d'Agriculture, qui organisaient une réunion d'information sur ce thème, en sont convaincues.

Depuis 2003, les surfaces cultivées en protéagineux en France ne font que chuter et sont passées sous le seuil des 200.000 ha en 2008 (450.000 en 2003), le succès de la féverole n'ayant pas suffi à compenser la chute du pois.

L'Europe est pourtant très déficitaire en protéines et reste dépendante à 72 % des importations. Cette volonté de réduire cette grande dépendance des élevages français vis-à-vis des matières riches en protéines importées, mais aussi les effets environnementaux bénéfiques de l'introduction d'une légumineuse dans une rotation, sont les deux principaux critères qui plaident pour le développement de cette culture.

La profession se fixe un objectif de 400.000 ha cultivés d'ici 2012, pour atteindre ensuite 600.000 ha, soit 16% des besoins en matières riches en protéines. Pour relancer ces cultures, la profession dispose d'un atout de poids en 2010 : les nouvelles aides obtenues dans le cadre du bilan de santé de la PAC.




150 €/ha en plus pour une surface nationale de 267.000 ha

2010 change profondément la donne du fait d'un nouveau contexte réglementaire : au niveau européen, la prime couplée de 55,57€/ha est en effet maintenue jusqu'au 1er janvier 2012 pour le pois, la féverole et le lupin doux. Mais surtout, au niveau Français, le ministre a annoncé une enveloppe de 40 millions d'euros par an dans le cadre du bilan de santé de la PAC.

Michel Barnier vient de notifier ses choix à la Commission européenne et les modalités de ces aides sont donc désormais à peu près connues. Le niveau d'aide devrait être calculé en divisant l'enveloppe par le nombre d'hectares, soit :

• 150€/ha en 2010 pour 267.000 ha (surface nationale estimée)
• 125€/ha en 2011 pour 320.000 ha
• 100€/ha en 2012 pour 400.000 ha

Attention, si la surface est plus élevée que prévue, l'aide sera moindre.

Lever les freins techniques

En 2010, les protéagineux pourront également bénéficier de la MAE rotationnelle «bilan de santé» en zone intermédiaire qui s'élèverait à 32 €/ha/an sur 5 ans ou des mesures de «diversité des assolements» pour un montant de 25 €/ha/an en 2010. A condition, bien sûr, de correspondre aux critères d'éligibilité (contraintes d'assolement, de rotation...)

Mais la relance de ces cultures passe également par la levée des freins techniques et notamment la mise au point de variétés résistantes à «Aphanomyces etteiches », un champignon responsable de la chute des rendements. Des améliorations indispensables pour renouer avec des niveaux de rendement et des coûts de production attractifs.



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