Cultures 2013 : c’est moyen

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Cultures 2013 : c’est moyen
Les moissons sont à peine terminées dans le département : les rendements sont moyens, mais les cours sont bas. © Loire-Atlantique Agricole

Les récoltes ont été en retard cette année. Les rendements sont moyens, de quoi tout juste se satisfaire… mais les cours sont en forte baisse.

En ce début du mois d’août, les moissons de céréales sont à peine terminées dans notre secteur. Et d’une manière générale, on peut dire que les récoltes sont plutôt « moyen­nes ».  « Disons que nous attendions des rendements mauvais, c’est juste moyen », estime-t-on chez le collecteur, Bernard Agri services.
« Les rendements sont très variables selon les terres », estime pour sa part, Guy Pa­pion, responsable grandes cultures à la FNSEA 44 ; cela dépend si elles ont supporté ou non l’excès d’eau, si elles se sont ressuyées, si elles sont drainées.
Certaines terres avaient des « trous », des « manques » à cause de cet excès d’eau, mais au final, leurs rendements ne sont pas aussi catastrophiques que cela… « Je n’en aurais pas donné cher à la fin de l’hiver », commente Guy Papion. Mais le printemps a été clément, et finalement, les semaines chau­des de juillet n’ont pas provoqué d’échaudage. «  Le remplissage a pu se dérouler à peu près correctement… »
Au niveau de la qualité, on constate, d’une manière générale, plutôt « un manque de protéines », « même si ce n’est pas le cas chez moi », tempère Guy Papion. Les explications de cette faiblesse en protéines ne sont pas encore très claires : manque de fertilisation, lessivage de l’azote par les pluies, effet de la nature de sol. Les poids spécifiques quant à eux paraissent « plutôt corrects » selon le responsable agricole.

Abondance de céréales fourragères

Cette faiblesse en protéines, qui semble assez généralisée sur l’ensemble du pays, risque d’avoir des incidences sur le marché : « Cela va nous poser des problèmes pour l’export », explique-t-on, chez Bernard Agri services. Les blés aux teneurs correctes en protéines ne devraient pas avoir de soucis pour trouver preneurs. Mais ceux aux teneurs faibles vont se retrouver sur le marché de l’alimentation animale, où il va y avoir beaucoup de produits : du blé, mais aussi des orges, triticales et surtout des maïs.
Les orges de printemps (en particulier celles implantées après des blés noyés cet hiver) ont en effet été plutôt réussies ; les orges « classiques », d’hiver, ont, elles aussi, donné des rendements corrects. Mais c’est surtout du côté du maïs que l’on devrait avoir beaucoup de production, en France certes, mais aussi aux USA, où les conditions climatiques ac­tuel­les sont idéales.
Sur le cas particulier du triticale, chez Bernard Agri services, on est très négatifs : « C’est catastrophique ! Nous n’avons plus de marché pour ces céréales, et nous avons encore des stocks de l’année dernière ! »
Tous ces facteurs influencent les cours du blé, qui a déjà perdu 30 % ces derniers mois. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle pour les éleveurs : les coûts de production pourraient diminuer. « Mais cela va dépendre aussi des politiques des fabricants d’aliments », estime Guy Papion.
Pour les producteurs de cé­réales, en revanche, avec des cours baissiers, des rendements moyens, et des intrants quand même toujours assez chers, les perspectives ne sont pas très bonnes : « On se rapproche du seuil de rentabilité », confie Guy Papion.

Colza : en baisse

Du côté des colzas, les rendements sont un peu moins élevés que l’année dernière, mais loin d’être dramatiques : environ 35 q/ha. « C’est pas merveilleux », selon Bernard Agri services. L’inquiétude se situe plutôt du côté de l’avenir de cette production : en effet, récemment, l’Europe a revu à la baisse ses prévisions d’incorporation de diester dans les essences, rendant cette culture moins attractive. Du coup, faute de rentabilité, certains outils industriels de production de diester vont fermer.
Certes, aujourd’hui, sur le marché, des tourteaux de colza (et de tournesol) se retrouvent disponibles, à des prix intéressants pour les acheteurs. Mais les producteurs ont déjà prévu de revoir à la baisse leurs surfaces de colza pour l’année prochaine : les cours n’étant pas élevés, les rendements limités, la rentabilité n’est plus au rendez-vous !

Catherine Perrot

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