Des sondes pour piloter l’irrigation

Michel Portier - Réussir Grandes Cultures Avril 2013

Des sondes pour piloter l’irrigation
L’implantation de la ou des sondes doit se faire dans la ou les zones les plus représentatives pour le pilotage de l’irrigation. © John Deere

En analysant l’état hydrique du sol, les sondes optimisent la gestion de l’eau. Le diagnostic à distance et le développement des capteurs capacitifs affinent le pilotage.

Face aux restrictions croissantes qui pèsent sur l’irrigation, l’optimisation de la ressource en eau est au centre des préoccupations des irrigants qui accordent de plus en plus d’importance à leurs outils de pilotage. Parmi eux, les sondes de mesure de l’état hydrique du sol sont de précieux indicateurs pour décider de la mise en route et de l’arrêt de l’irrigation. Technologie bien connue et qui fait ses preuves depuis plus de vingt ans, la sonde tensiomètrique reste le moyen le plus abordable pour faire du pilotage. « La technologie de la sonde tensiomètrique n’a pas évolué, mais ces dernières années, la télémétrie a permis d’améliorer le suivi des mesures pour être plus réactif », précise Xavier Eftimakis, distributeur des sondes Watermark. Cette évolution renchérit toutefois son prix. « De 600 à 700 euros pour six sondes avec l’enregistrement au champ, on atteint 1 250 euros avec un boîtier de transfert des données par GPRS », indique le spécialiste. Les sondes tensiomètriques montrent également certaines limites.

La tensiométrie reste d’actualité

La fiabilité de leur mesure est conditionnée par la mise en place contraignante de trois paires de sondes, pour trois points de mesure à deux profondeurs différentes. « La plage de mesure limitée (0 à 150 bars) n’est pas compatible avec une conduite en irrigation restrictive à tension élevée. Ces sondes sont à réserver aux conduites bien irriguées », avertit Jean-Marc Deumier, spécialiste d’Arvalis-institut du végétal.
De développement plus récent, les sondes capacitives offrent une mesure directe de l’humidité du sol avec une bonne précision et surtout, peu de dispersion des mesures. Les sondes multicapteurs permettent un seul point de mesure. Revers de la médaille, leur coût élevé (1 000 à 3 000 euros la sonde) ne favorise pas leur utilisation en individuel. Autre contrainte, l’installation des sondes et l’interprétation des mesures demandent une technicité et un investissement personnel pour tirer partie de leur potentiel. On comprend mieux pourquoi ces équipements se sont principalement développés par l’intermédiaire de coopératives, de groupements de producteurs ou encore de chambres d’agriculture.

Un service de pilotage

Les agriculteurs peuvent ainsi souscrire à un service de conseil, sans avoir à investir dans les sondes et à se former pour leur utilisation. Solution intermédiaire, l’irrigant s’équipe de sondes et se fait assister pour le suivi et l’interprétation des mesures. « Nous proposons un conseil à l’irrigation qui va de 150 à 500 euros par an, en fonction du nombre d’analyses et de cultures, illustre Jean-Francois Berthoumieu de la société Agralis qui distribue les sondes Sentek. Pour un agriculteur qui souhaite avoir la maîtrise complète de son outil, nous l’accompagnons durant deux campagnes d’irrigation. » Principal concurrent, John Deere Water lancera en 2014, par l’intermédiaire de son réseau de concessionnaires, son dispositif Field Connect qui inclut le pilotage par sondes capacitives. « Nous proposons trois modalités : la vente du dispositif avec une formation, la vente avec un conseil d’aide au pilotage ou un service complet », précise Frédéric Sacagna, responsable technique chez John Deere Water.
Outre les cultures industrielles à forte valeur ajoutée, les sondes capacitives intéressent surtout les maïsiculteurs qui ont une ressource en eau limitée ou qui souhaitent valoriser leur ressource sur une plus grande surface.
« Le pilotage du maïs peut être précédé par celui des céréales durant la période cruciale de mars à mi-mai. L’agriculteur déplace ensuite ses sondes pour les mettre dans le maïs. Cette double utilisation améliore le retour sur investissement », ajoute Frédéric Sacagna.

La dynamique de l’eau dans le sol

En pratique, la précision des sondes capacitives permet de mieux appréhender la dynamique de l’eau et l’activité racinaire. « Avec cette technologie, on anticipe ce qui se verra sur la culture dans les heures ou les jours à venir », indique Jean-Francois Berthoumieu. Attention toutefois à ne pas se fier uniquement à leur mesure. « Tout comme les sondes tensiomètriques, les sondes capacitives sont fiables en valeurs relatives. C’est moins vrai en valeurs absolues. Selon les sols et la pose des sondes, on observe assez souvent des écarts avec l’humidité réelle du sol, estime Jean-Marc Deumier. Les bilans hydriques et la connaissance précise de la pluviométrie ne doivent pas être négligés. » D’où l’intérêt, selon lui, d’utiliser en complément une station météo au champ qui pourra partager le même dispositif d’enregistrement et de transfert des données que les sondes.

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