Eau : L'irrigation plafonne presque partout

Christian Gloria

Avec une ressource en eau limitée pour les usages agricoles, les surfaces irrigables en France ne progressent plus. Sauf en région Nord-Picardie.

Depuis dix ans, la superficie irrigable en France est arrivée à un plafond : entre 2,6 et 2,7 millions d'hectares, soit près de 10 % de la SAU. La surface irrigable (et irriguée) a été multipliée par trois de 1970 jusqu'à la fin des années 90. À noter que la surface irriguée diffère de celle irrigable en fonction des conditions climatiques de l'année. En 2003, elle avait atteint un maximum : plus de 1,9 million d'hectares contre environ 1,6 million en 2000 ou en 2006. La nette croissance de l'irrigation jusque dans les années 90 a concerné au premier chef le Grand Sud-Ouest avec l'essor du maïs mais aussi des cultures légumières. Puis l'irrigation a cessé de se développer après 2000.

Irrigation sous pression

Les pratiques d'irrigation subissent de plus en plus de pression : années de sécheresse avec restrictions sur les usages de l'eau et concurrence entre ces différents usages, équipements d'irrigation et de stockage de l'eau de plus en plus coûteux, politiques agricoles rendant moins rentable le recours à l'irrigation, incitation à des pratiques culturales plus économes en eau… Le Sud-Est est la région d'irrigation la plus ancienne en France avec de l'eau destinée à la production de fruits et légumes. C'est aussi la zone où l'irrigation a commencé à stagner, voire à régresser le plus tôt, dès les années 60-70. A contrario, les régions au nord de Paris voient leurs surfaces irriguées augmenter encore. Les industries légumières exigent des productions en qualité et en quantité constantes que l'irrigation permet d'assurer. Ainsi, près de la moitié des surfaces picardes consacrées aux légumes frais et à la pomme de terre sont arrosées.

Source Réussir Grandes Cultures Mars 2009

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