Ecophyto : Vers des exploitations agricoles économes en produits phytosanitaires

Nicolas Billaudelle

Afin de mettre au point et de diffuser des techniques permettant d'utiliser moins de produits phytosanitaires, les Chambres d'Agriculture de l'Aube et de la Haute-Marne viennent de mettre en place un réseau de fermes à cheval sur les 2 départements.

Un réseau de fermes de références

Issu du Grenelle de l'Environnement, le plan Écophyto 2018 vise une réduction, si possible, de 50 % de l'utilisation des produits phytosanitaires à échéance 2018. Dans ce cadre et pour étudier la faisabilité des pratiques économes en intrant à l'échelle de l'exploitation, les Chambres d'agriculture de l'Aube et de la Haute-Marne ont mis en place un réseau de fermes de référence : FERMEcophyto.
Ce réseau fait partie des 18 réseaux retenus au niveau national pour la phase test (6 en grandes cultures, 5 en viticulture et 7 en polyculture-élevage). Les objectifs sont multiples :
- Comprendre, caractériser les systèmes de culture, évaluer leurs performances pour produire des références
- Observer et caractériser les transitions et transformations des systèmes de culture
- Permettre un apprentissage par les agriculteurs et les conseillers, en vue de communiquer et faire des démonstrations au niveau local

Groupe FERMEcophyto Aube/Haute-Marne

Le réseau Aube et Haute-Marne est animé par Nicolas Billaudelle, détaché à mi-temps sur ce sujet. Ses résultats seront confrontés aux réseaux, locaux et nationaux de manière à développer le maximum de synergies. L'objectif des agriculteurs du réseau est d'atteindre des IFT ayant un niveau réduit de 30 % par rapport à l'IFT* de référence régional, tout en maintenant la marge brute des exploitants. Cet IFT régional est de 5.5 (IFT herbicides : 1.8 et IFT hors herbicides : 3.8). L'objectif est donc d'atteindre un IFT de 3.85 d'ici 3 ans. Le pari est ambitieux et ce réseau grandeur nature permettra de
- vérifier la faisabilité des systèmes de culture mis en oeuvre pour atteindre l'objectif visé du point de vue technique, économique, environnemental, et social
- servir de support de vulgarisation pour le monde agricole

Onze exploitations réparties sur les deux départements font partie de ce réseau. Tout en préservant la pérennité économique de leurs exploitations, les motivations des agriculteurs pour la réduction d'intrants sont de :
- Limiter leur exposition aux produits phytosanitaires ;
- Préserver leur environnement (biodiversité de la faune) ;
- Valoriser auprès du public leurs efforts ;

Pour une cohérence des résultats et favoriser la dynamique du groupe pour, les exploitations choisies présentent des caractéristiques semblables. Le réseau d'exploitations se caractérise par une forte unité pédo-climatique :
- sols argilo-calcaires ;
- Potentiels de rendement, en blé, de 60 q/ha pour les sols les plus superficiels, à 80-85 q/ha pour les sols les plus profonds ;
- Atelier « grandes cultures » prépondérant ;
- Rotations historiquement courtes et basées sur des cultures d'hiver (colza – blé – orge d'hiver) ;
-Gestion du désherbage problématique par sélection d'une flore hivernale (graminées, gaillet et géranium) ;
- Développement de résistances aux herbicides (dims, fops, voire sulfonyl-urées) ;

Un projet commun

Le 20 mai dernier les agriculteurs du réseau FERMEcophyto se sont réunis pour échanger sur leurs pratiques et les leviers agronomiques à employer sur leurs exploitations. D'autres rassemblements de ce type seront organisés pour avancer dans la démarche au travers d'échanges, de visites de parcelles d'essais, de présentation de synthèse de résultats (leviers agronomiques mis en places, IFT, marge...). Le 10 juin, grâce à ce réseau d'ampleur national les agriculteurs du réseau ont eu l'occasion d'échanger et de visiter des exploitations de l'Eure, ayant mis en place depuis plusieurs années des systèmes à bas niveaux d'intrants.

Avis aux volontaires

Le réseau est amené à être pérennisé, voire développé si d'autres agriculteurs se montrent intéressés. D'autres réseaux de ce type seront mis en place en viticulture, en polyculture/élevage, et en grandes cultures en Champagne-Ardenne comme dans d'autres régions.

NB : ce projet est financé par ONEMA

Source Chambre d'agricutlure

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