Environnement : De l'incitation plutôt que de la contrainte

FARRE

A l'occasion des récents propos du Président de la République et dans la perspective de l'examen par l'Assemblée nationale du projet de loi Grenelle 2, Christophe Grison, président de Farre tient à préciser les points suivants :

1) Les agriculteurs n'ont pas attendu le Grenelle de l'environnement pour modifier leurs pratiques et prendre en compte l'environnement.

La décision de diminuer l'utilisation des produits phytosanitaires de 50 % a fait passer l'idée dans l'opinion publique que le secteur agricole était un secteur « fautif » dont il fallait corriger les erreurs.
Or, depuis de nombreuses années, les agriculteurs sont engagés dans des démarches visant à réduire l'impact de l'agriculture sur l'environnement : mise aux normes des bâtiments d'élevage, gestion raisonnée de la fertilisation et de la protection des plantes, couverture des sols pendant l'hiver, mise en place de bandes enherbées le long des cours d'eau, engagement dans l'agriculture raisonnée…
Cette décision ne fait que braquer un secteur qui tente depuis plusieurs années de répondre à une équation de plus en plus complexe : comment produire plus et mieux tout en utilisant moins d'eau, moins de chimie, moins de terre ?

2) Les agriculteurs ont d'avantage besoin d'innovation que d'une pause en matière d'environnement.

Avec le renchérissement du coût du pétrole, le secteur agricole est à la veille de mutations importantes. Il faut donc sortir d'une vision manichéenne qui oppose progrès et environnement. Il faut au contraire mettre les agriculteurs dans une posture d'innovation permanente.
Plutôt que d'empiler les contraintes, les règlements et les directives tatillonnes, il faut offrir la possibilité aux agriculteurs d'investir dans l'innovation environnementale et remettre l'agronomie au coeur des modèles de production : des solutions alternatives sont à creuser, la rotation et la diversité des assolements doivent être repensés, les couverts végétaux doivent être davantage valorisés…
Ce n'est donc pas d'une pause dont les agriculteurs ont besoin mais d'une véritable relance de la recherche agronomique.

3) Le gouvernement doit encourager les agriculteurs à s'investir dans la production de services environnementaux.

En décidant la mise en place d'une certification de haute valeur environnementale (HVE) dans le projet de loi Grenelle 2, qui devrait fédérer l'ensemble des démarches existantes (agriculture raisonnée, charte filières…etc), l'ambition du gouvernement est louable mais sans un dispositif incitatif crédible, les agriculteurs, qui connaissent une forte baisse de leur revenu, ne s'engageront pas dans une démarche insuffisamment différenciante.
Il est donc urgent que le gouvernement revoit sa copie et prévoit pour cette nouvelle certification une incitation fiscale, une communication forte et un étiquetage lisible sur les produits.

Source FARRE

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