Espèces végétales : Une nouvelle directive pour les variétés de conservation

Christian Gloria

Les variétés de conservation sont de culture restreinte mais d'une richesse génétique importante. Elles méritaient bien une directive.

Une directive sur les « variétés de conservation » a été adoptée par les États membres de
l'Union européenne. Mais que veut dire « variétés de conservation » ? La directive les
définit comme étant des populations et variétés naturellement adaptées à des conditions
locales et régionales et menacées d'érosion génétique. « Plus concrètement, en blé tendre
on compte entre 300 et 400 de ces variétés représentées majoritairement par des
populations, informe le réseau Semences Paysannes. Parmi elles, une dizaine est utilisée
en transformation. Sur maïs, l'association Bio d'Aquitaine gère une vitrine de plus de 200
populations de pays à elle-seule… » La nouvelle version de la directive européenne — il en
existait une qui datait d'un an — apporte les règles d'inscription de ces variétés sur une liste
spécifique selon des critères moins stricts et une procédure plus souple que pour les
variétés classiques. Cette inscription est une condition à la commercialisation des variétés
de conservation.

Certaines variétés de conservation sont transformées pour l'élaborations de produits locaux ou en agriculture biologique. (P. Bourgault)

Certaines variétés de conservation sont transformées pour l'élaborations de produits locaux ou en agriculture biologique. (P. Bourgault)

Une diffusion bridée

Pour le Gnis, « c'est une première étape réglementaire pour améliorer la conservation de la
biodiversité cultivée ». Mais pour le réseau Semences Paysannes, le texte est encore trop
restrictif. « Il n'autorise pas les échanges de graines entre agriculteurs, ce qui va à
l'encontre de la sélection participative entre l'Inra et les producteurs, qui doit permettre
l'évaluation et la réadaptation de variétés à des productions spécifiques : biologiques, pour
de la transformation artisanale… En plus, la diffusion de ces variétés est bridée dans des
limites quantitatives (en surface ou en pourcentage du total des graines d'une espèce
considérée). Ces limites peuvent se révéler trop restreintes pour certaines espèces. » La
directive doit encore être transcrite en droit français, avant le 30 juin 2009, ce qui devrait
clarifier et préciser certains points.

Source Réussir Céréales Grandes Cultures Mai 2008

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires