Est-il envisageable d’améliorer rapidement les taux de protéines des blés français ?

Benoît MOUREAUX

Est-il envisageable d’améliorer rapidement les taux de protéines des blés français ?

Afin de remédier à l’érosion du taux moyen de protéines constatée ces dernières années, des mesures spécifiques sont à mettre en place tout au long de la filière. Christine Bar, responsable du service « qualités et valorisations » chez ARVALIS - Institut du végétal, revient sur certains de ces aspects.

Perspectives Agricoles : Pourquoi le taux de protéines est-il important ?

Christine Bar : Un des principaux enjeux est de répondre aux attentes des utilisateurs. Sur le marché intérieur, les trois principales filières sont de plus en attentives aux taux de protéines. Que ce soit pour l’alimentation animale, pour les produits de panification, où les protéines jouent un rôle majeur dans la qualité des pâtes et des pains, ou pour l’amidonnerie, qui cherche à séparer l’amidon des protéines en vue de les valoriser spécifiquement. A l’export, qui représente 55 % des débouchés du blé tendre français, les acheteurs ont à leur disposition les offres de pays concurrents et, là encore, la demande en protéines est très présente pour des raisons nutritionnelles et techniques.

P.A. : Comment les acteurs des filières sont-ils mobilisés ?

C.B. : Autour d’Intercéréales et avec l’appui de FranceAgriMer un « plan protéines blé tendre » est mis en œuvre depuis le printemps 2013. Il repose sur trois axes : la recherche, la communication et la contractualisation. ARVALIS y contribue par des actions techniques et de communication s’appuyant, à court terme, sur la valorisation des acquis techniques, nombreux sur ce sujet, et sur des programmes de recherche en cours qui porteront leurs fruits dans plusieurs années.

Tous les acteurs sont donc concernés, en particulier les producteurs à travers le choix des variétés et d’itinéraires techniques de fertilisation azotée adaptés. La diffusion des informations et des outils est conduite en partenariat avec l’ensemble des organismes - coopératives, négoces, chambres d’agriculture - sur la base de messages communs.

P.A. : Qu’en est-il de la mention du taux de protéines dans les contrats ?

C.B. : Suite à l’accord interprofessionnel de décembre 2013, étendu par l’arrêté ministériel du
7 juin 2014, les contrats de blé tendre portant sur la récolte 2015 doivent obligatoirement mentionner le niveau de teneur en protéines. Ce levier contractuel concerne les achats aux producteurs aussi bien que la vente aux utilisateurs français et à l’exportation. Un taux de référence, fixé à 11,5 % de protéines, est ainsi devenu un objectif collectif. Tout contrat de vente sera nul de plein droit en l’absence de cette mention. Le but est de faire progresser la teneur moyenne de la production française des blés tendres, quelle que soit leur utilisation.

P.A. : Comment pour les producteurs atteindre cet objectif de 11,5 % ?

C.B. : Il s’agit de mettre en œuvre tous les leviers disponibles(1). Cela passe par la prise en compte du « classement protéines » lors du choix des variétés, le pilotage de la fertilisation, notamment pour le troisième apport au stade « Dernière Feuille », le choix de la forme d’engrais pour éviter les pertes par volatilisation, ainsi que le positionnement des apports en fonction de la météorologie et des besoins de la plante avec l’appui d’outils adaptés. Ces différents points seront notamment évoqués lors de la conférence « Comment satisfaire tous les débouchés du blé en maximisant rendement et teneur en protéines ? » présentée par ARVALIS aux « Culturales »(2).

(1) : voir Perspectives Agricoles, n°418, janvier 2015, p.51 à 67.

(2) : voir Perspectives Agricoles, n°423, juin 2015, p. 8.

Pour vous abonner, rendez-vous sur www.perspectives-agricoles.com 

 

 

 

 

 

 

 

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier