Evolution de l'agriculture : Bio, paré pour le décollage

Christian Gloria

Un renforcement des aides publiques, une demande sociétale soutenue. Les feux sont au vert pour développer l'agriculture biologique en France. Le Grenelle de l'environnement a inscrit l'objectif de tripler la surface bio d'ici fin 2012. Parent pauvre du bio, les grandes cultures devront se structurer pour relever ce défi.

Avec un peu plus de 550 000 hectares, les surfaces en agriculture biologique atteignaient 2 % de la SAU nationale en 2007. Les grandes cultures ne représentent que 20 % des cultures bio alors qu'en agriculture conventionnelle, elles couvrent près de 50 % des surfaces. Sur 2008, les chiffres officiels ne sont pas encore connus mais l'agence Bio note une relance des conversions qui pourrait aboutir à une augmentation de 10 % des exploitations engagées en agriculture biologique.

De grandes ambitions

Au regard de la part du bio dans son agriculture, la France demeure malgré tout en milieu de tableau parmi les pays européens. Depuis quelques années, le gouvernement annonce des objectifs ambitieux, notamment celui de passer le bio à 6 % de la SAU nationale d'ici fin 2012 et de permettre à la restauration collective de proposer 20 % de ses produits issus de l'agriculture biologique. De telles ambitions passent par la mise en oeuvre de moyens. Des aides financières ont été majorées et déplafonnées. Un fonds de structuration des filières a été créé en 2008. Il est doté de 3 millions d'euros par an pendant cinq ans. Et last but not least, Michel Barnier a réservé 50 millions d'euros au développement de l'agriculture biologique dans la nouvelle répartition des aides annoncée le 23 février dans le cadre du bilan de santé de la PAC.

Organiser une offre bio de proximité

Un simple soutien financier ne saurait suffire à asseoir le développement du bio. La structuration de la filière doit suivre et ce, en tous points du territoire. « Il faut organiser la proximité de l'offre bio entre producteurs, transformateurs, circuits de distribution et consommateurs », clame Pascal Gury, président de l'agence Bio. Des départements montrent l'exemple en la matière. C'est notamment le cas de la Drôme.
En même temps, le consommateur doit confirmer l'augmentation de sa demande en produits issus de l'agriculture biologique. Le marché connaît une croissance annuelle de l'ordre de 10 % par an depuis dix ans. Du coup, la France s'est retrouvée en quelques années d'une situation d'exportatrice de divers produits bio à importatrice. Ce constat vaut notamment pour les grandes cultures.
Qu'on se le dise : il y a un marché hexagonal porteur pour les producteurs qui veulent se lancer dans le bio.

Du bio à des prix raisonnables

La crise actuelle va-t-elle influer le comportement des consommateurs ? Ceux-ci pourraient être tentés de se détourner du bio pour revenir à des achats alimentaires moins onéreux. La filière bio ne veut pas croire à cet avenir sombre et nul doute que des efforts seront réalisés pour offrir des produits bio à des coûts modiques. La production biologique ne doit pas alimenter qu'une frange privilégiée de la population.

« En bio, il est inconcevable de produire pour produire. Il faut produire pour un marché, » estime Pascal Gury, président de l'Agence bio. (P. Cronenberger)

« En bio, il est inconcevable de produire pour produire. Il faut produire pour un marché, » estime Pascal Gury, président de l'Agence bio. (P. Cronenberger)

 

Pour en savoir plus

Voir dossier de Réussir Grandes Cultures du mois d'avril 2009. (RGC n°224, p. 50 à 57)

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2009

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