Exportations : attention à la qualité de nos céréales !

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Exportations : attention à la qualité de nos céréales !

A l’occasion d’une conférence organisée par France Export Céréales, les professionnels du grain ont parlé sans langue de bois de la part grandissante des exportations céréalières françaises vers les pays tiers. Une part jamais acquise qu’il faut préserver et développer en améliorant la qualité de nos grains.

Les exportations constituent un débouché majeur de la production céréalière française. En moyenne, près de la moitié des ressources, soit plus de 33 millions de tonnes (Mt), est destinée au commerce international.

Longtemps, la destination phare de nos exportations a été l’Union européenne mais, depuis l’élargissement de l’UE, l’origine France est concurrencée par des céréales venus notamment de  la zone Mer noire. Depuis les années 2000, et surtout 2007, c’est  donc vers les pays tiers que la France s’est tournée à tel point qu’aujourd’hui, la part de blé tendre vendue hors de l’UE est devenue prépondérante  avec, en moyenne, 10 millions de tonnes exportées vers ces pays.

Un nombre limité de clients

Des exportations qui comportent toutefois des faiblesses. C’est ce qu’a tenu à rappeler François Gatel, directeur de France Export céréales lors de cette journée d’informations et d’échanges, entre professionnels. D’abord, nos exportations se font vers un nombre limité de clients, trop limité peut-être ... L'Algérie représente à elle seule 40 % des ventes aux pays tiers, l'Afrique de l'Ouest 25 % et le Maroc 18 %.

Et les campagnes d’exportations sont loin d’être un long fleuve tranquille... Que ce soit en Algérie ou au Maroc, la France est de plus en plus concurrencée par les pays de la Mer noire (Russie et Ukraine) ou d’Amérique du Sud. En Égypte, la France n’est même que la variable d’ajustement des approvisionnements de ce pays.

Au Maroc, les acheteurs privés ont acheté fin 2011 une grosse quantité de blé en provenance d’Ukraine avec un différentiel de prix allant de 10 à 25 dollars. Mais, et c’est nouveau, leur qualité s’est avérée meilleure que l’origine française et surtout  mieux adaptée aux besoins des transformateurs marocains.  Des prélèvements effectués sur les lots révèlent en effet que les blés français ont une qualité moindre en termes de protéines, de PS, d’humidité... La moyenne des taux de protéine du blé français était de 10,57, contre 12,32 pour l'origine ukrainienne.

« La fidélité n’a qu’un temps... »

 « La fidélité n’a qu’un temps, il faut s’adapter aux besoins des acheteurs privés marocains qui  réclament  de blés résistants,  passe-partout, capable de  s’adapter aussi bien à la fabrication des baguettes, des pains que de croissants », explique Yann Lebeau responsable du bureau de Casablanca.  

Pour Jean-Pierre Langlois-Berthelot, président de France Export Céréales, «il est urgent de se reposer collectivement la question de la qualité de nos céréales exportés», sous peine de perdre des marchés importants. «Nos marchés à l’exportation ne doivent pas être vus comme la variable d'ajustement de notre marché intérieur», insiste-t-il.

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Commentaires 1

Bazilou78

c'est article peut faire peur...notre position exportatrice est fragile. Les prix aussi. Peut être qu'un jour les OS devront ajuster leurs prix sur les cours mondiaux. Si leurs acheteurs étrangers le font, il faut espérer qu'ils sauront répercuter la baisse.

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