Filière brassicole : Le marché chinois est en pleine mutation

Gabriel Omnès

Devenu le premier producteur mondial de bière en 2006, la Chine a brassé 410 millions d'hectolitres en 2008-2009, et pourrait passer à 500 millions d'hectolitres en 2014. Certes, la progression de la consommation intérieure a ralenti, et les brasseurs chinois utilisent une tonne de malt pour produire 14 tonnes de bière, contre un rapport de 1 à 8 en France.
Ce gigantesque marché demeure toutefois un débouché très convoité par les grands producteurs d'orge de la planète. À commencer par l'Australie, premier fournisseur étranger avec 1 million de tonnes d'orge livrées par an en moyenne sur dix ans, devant le Canada (400 000 tonnes). La France reste reléguée au rang de challenger, avec des exportations qui s'élèvent en moyenne à 260 000 tonnes. Les mutations à l'oeuvre au sein de l'industrie chinoise ne fragilisent pas le recours à l'importation. Les brasseurs internationaux, de plus en plus nombreux en Chine, veulent que leurs grandes marques conservent un goût identique d'une année sur l'autre. Une exigence difficile à satisfaire en utilisant uniquement l'orge locale, d'une qualité irrégulière.

Les volumes importés restent cependant très liés au prix mondial. « En 2006, nous avons importé 80 % des besoins nationaux car les prix étaient bas, rapporte Joe Fung, responsable matières premières de Supertime Development Limited, premier malteur chinois. Mais avec la flambée des prix en 2007, nous n'avons importé que 30 % de nos besoins. » L'orge française est pénalisée face à ses concurrentes par des caractéristiques variétales moins adaptées aux process de brasserie chinois, et par un taux de protéines… trop faible.

Source Réussir Grandes Cultures Mars 2010

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