Fin des quotas de sucre: les producteurs de betteraves espèrent un meilleur sort que les éleveurs laitiers

Fin des quotas de sucre: les producteurs de betteraves espèrent un meilleur sort que les éleveurs laitiers

A dix-huit mois de la fin des quotas européens sur le sucre, les producteurs de betteraves tentent d'obtenir des garanties de la part des industriels, pour éviter le sort des éleveurs laitiers, plongés dans une grave crise de surproduction.

"On craint le scénario du lait: produire pour produire alors qu'il n'y pas de marché sous-jacent", résume Valérie Vercammen, syndicaliste du secteur betteravier belge, présente au congrès de l'association mondiale des planteurs de betteraves et de canne à sucre (AMPBCS) - syndicat représentant 60% de la production mondiale de sucre-, qui se tient jusqu'à mercredi à Versailles (Yvelines). L'Union européenne est le troisième producteur mondial de sucre, avec en tête la France, suivie par l'Allemagne -où se trouvent les plus grands industriels-, la Pologne, le Royaume-Uni et le Benelux.

En place depuis 1968, les quotas de production de sucre et de prix garantis seront levés le 1er octobre 2017, dernière étape de la libéralisation de la Politique agricole commune (PAC). Depuis la suppression des quotas laitiers fin mars 2015, les prix européens et mondiaux du lait se sont effondrés, plombés par la hausse de production en Europe du Nord alors que les débouchés s'étaient réduits, sous l'effet de l'embargo russe et d'une moindre demande chinoise. Les éleveurs laitiers, pas assez payés par les industriels pour couvrir leurs frais, sont exsangues.

Les grands sucriers européens, comme l'allemand Südzucker ou le français Tereos (Béghin Say), veulent augmenter leur production de 20%, pour faire face à la concurrence mondiale, notamment du n°1 le Brésil. Ils doivent donc convaincre les agriculteurs qui les fournissent de planter davantage de betteraves. Mais "les agriculteurs se demandent pourquoi ils devraient produire plus alors qu'il y a déjà beaucoup de sucre sur le marché. Ce qui s'est passé dans le secteur laitier les inquiète", a expliqué Jürgen Winter, porte-parole des syndicats betteraviers allemands, lors du congrès    

"Saut dans l'inconnu"

Sous l'effet de stocks pléthoriques, les cours mondiaux du sucre ont drastiquement chuté ces dernières années, malgré une remontée début 2016. Les cours européens, longtemps bien plus élevés, ont déjà commencé à se replier sous l'effet d'importations autorisés par la Commission européenne. Après la fin des quotas, ils s'aligneront sur le prix mondial. Avant le couperet de 2017, les planteurs négocient donc avec les industriels des accords sur le partage du prix du sucre. Hormis aux Pays-Bas et dans le sud de l'Allemagne, les discussions sont "très difficiles", selon les syndicalistes présents à Versailles.  

En France, la Confédération générale des planteurs de betterave (CGB) veut que les industriels s'engagent à continuer de verser aux agriculteurs 44% du prix du sucre, comme c'est le cas aujourd'hui. Mais "il restera l'inconnue du prix, qui dépendra de l'offre et de la demande. La France betteravière se prépare à un saut dans l'inconnu", souligne Alain Jeanroy, directeur général du syndicat. Pour résister, les industriels misent sur l'exportation, jusqu'ici restreinte pour l'UE par l'Organisation mondiale du commerce, et de nouveau autorisée en 2017. Mais il leur faudra être compétitif pour rafler des marchés dans les pays en développement, les seuls où la consommation de sucre augmente.  

Les Européens ont fait d'énormes progrès dans ce domaine: amélioration des rendements (ils ont doublé en France en 35 ans), baisse des coûts en utilisant moins d'engrais et de pesticides, allongement de la durée de campagne betteravière pendant laquelle les usines tournent en continu. Mais face à un géant comme le Brésil, où la chute du real a fait "dramatiquement baisser les coûts", les bénéfices de ces efforts resteront "modestes et variables. Difficile de croire que l'UE deviendra un exportateur substantiel", avertit Martin Todd, du cabinet d'analyse britannique LMC. Les betteraviers semblent toutefois mieux armés que les éleveurs laitiers pour affronter ces bouleversements: "la filière est mieux organisée et a de meilleur rapports avec les industriels", explique Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières.   Et sans troupeau à gérer, ils seront plus flexibles en cas de chute des prix. Ils pourront par exemple décider de semer du blé plutôt que des betteraves.

Sur le même sujet

Commentaires 7

CLOCHE215

l'histoire se répète et et personne me semble-t-il n'a rien compris...la mafia planétaire ne gagne pas assez sur le sucre alors il faut supprimer les quotas...

mapmonde

Ressaisis-toi Ahah
Ce n'est pas le moment de se tailler entre nous
Des inégalités il y en a toujours eu et il y en aura toujours
Je déplore évidemment la situation des laitiers mais ce n'est pas une raison pour pourrir le secteur betteravier
Bref arrête de siéger au CA de ta banque tu ne t'en porteras que mieux...

ahah

faut il sortir les chiffres allons y mettons les patrimoines des betteraviers sur la table la maison a Houlgate ou a megeve c'est pas la moitié , vu et revu dans nombre de dossier bancaires traités
quoi les betteraviers ont honte d'avoir gagner des sommes si gigantesques pendant des années?
comment farmer45 tu veux nous dire que vers outarville etc... les gens n'ont pas tres tres bien vecu avec 80ha pendant des decennies a travailler pas lourd , voir meme pour certains à la belle epoque des rotations betteraves orge de printemps betteraves orge de printemps ( se gaver de pognon jusqu'a en pourrir le sol de maladie)
je peux en citer des exploitation de moins de 100ha ou la pac servait a financer le chalet à la montagne , houlgate c'etait pour les plus pauvre à l'epoque , les plus riches preferant deauville
quel prime farmer celle qui n'aurait jamais du vous etre versées?

Farmer45

Réponse pour ahah. Merde je comptais faire monter ma piscine chauffer à. Houlgate Pourrait tu m envoyer une partie de tes primes merci????

mapmonde

Les jaloux aigris comme toi "Ahah" n'ont pas leur place dans notre société et encore moins ds notre agriculture
Tout le monde a ses problèmes...il n'y a pas que toi qui travaille alors garde tes forces et commence déjà par balayer devant ta porte plutôt que de balancer des c******s sur la toile

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier